L’art et lanières
Écoutez-moi bien, je suis fascinée de joie. Mitigée néanmoins, rien n’est jamais tout rose et puis je n’ai pas de passion particulière pour le rose. Attends, je reviens, non mais regarde. Sanglée comme une berlinoise déambulant dans l’alternative année 85, talons aiguilles prêts à battre le sol à haute couture, un gris taupe qui embourgeoise l’affaire et encanaille l’underground devenu désuet (ou mainstream), ces bottines sont faites pour marcher au travers de la jungle d’asphalte et dans quelques tapis profonds, je l’avoue. Donc, mitigée, puisque bien que très généreusement soldées, des Givenchy restent des Givenchy (paradoxe féminin: c’est aussi un peu ce qu’on cherche, non?).
Bottines à sangles et lacets, Givenchy, 350 € ( au lieu de 572) chez Lulli sur la Toile.
Aujourd’hui, je m’aventure en pratique (et non plus dans le joyeux fantasme technicolore de la fête de lancement qui eût lieu durant la fashionweek parisienne) sur l’e-store du Tranoï dont j’ai 
Nous vouons un 

Certains sont notaires de père en fils, d’autres dictateurs ou encore écrivains sur 5 générations… Bien née, Inès-Olympe Mercadal est quant à elle, la pétillante petite descendante d’Antoine Mercadal, bottier espagnol fuyant Franco dans les années 50. À 23 ans, elle met à son tour un pied (ahahah) dans l’entreprise familiale et chausseuse en déclinant le modèle Elena, un escarpin au talon conique dessiné par son grand père. ATELIER MERCADAL VINTAGE est créé: 5 modèles, 3 matières, 3 combinaisons de couleurs. Moi qui n’ai aucun dégoût pour le soulier de seconde main (re-ahahah), j’apprécie, ici, la fidélité au modèle originel (assez Jerry-Hall-like). Et pour celles que l’idée du « déjà porté » répugne, c’est là l’occasion d’accéder à du vintage pur jus sans les désagréments (psychologiques surtout) de l’histoire pédestre précédente…
Réponse à la note d’à côté, préambule: Jennifer, je suis là, de retour à Paris, ce Paris trempé, passé au lavis d’une encre sale, gris et mochasse mais Paris libéré (des vacances). Et toi, tu es repartie… Si nous passons notre temps à nous croiser, comment veux-tu, oui, comment veux-tu? Enfin, tu as raison, voyons du pays et retrouvons-nous plus fortes en septembre.
Vous m’avez connue plus en forme en terme de jeux de mots, je sais, mais j’ai la tête toute occupée à cette liste virtuelle et très aérienne encore, relative à ce que je ne dois pas oublier dans ma valise pour mon départ samedi. Je nourris, oui, le fantasme que pour une fois je ne ferai pas mon bagage à l’aube. Je pars en vacances, oui, samedi matin. Je resterai au plus près de vous sur BeSnob, oui. Samedi c’est l’anniversaire de Jennifer, oui. Je pars au pays basque, oui. J’ai lu dans ELLE, qu’il ne fallait s’encombrer que d’une paire de nus pieds, une paire de sneakers et à l’extrême limite d’une paire à talons, si d’aventure, on sort. C’est absolument inenvisageable. Non.
Cela s’explique-t-il? Une envie de couleurs puissantes, revendicatrices, pleines de promesse de luxure amusée, détachée, jouer de l’éternel féminin comme d’un riff de guitare écorchée. Reptile et vernis, satins Mondrian passés sous influence YSL, modern art anéanti par les Cramps et talons de 12 bien balancés de patins (question de survie).

Une touche de folie sur un look denim-top : des plateformes japonisantes. Ce coup de foudre doit être à cause de la pluie et du rosé, parce que normalement l’imprimé bariolé ambiance Barcelone meets Tokyo, je fuis. Mais ici, on a tout de suite envie de les porter, d’avoir aux ongles du corail (voire le n°527 de Chanel, « Nouvelle Vague », mais là j’assume totalement ma faute de goût, l’association n’est pas recommandée mais je m’en fous), un joli déhanché, des yeux qui tracent un été pétillant et plein de conquêtes…
Y a plus qu’à se convaincre que ça vaut le coup de payer les frais de port USA/France. Ou alors on achète deux, trois conneries sur le site, et en avant la crise cardiaque en recevant son relevé de compte. 
Le 3 février 2012 - Dans Marie’s Box (#concours)