Tiens au fait, vous aviez vu les shoes de Jean-Paul Gaultier pour cet été ? Le créateur détourne les classiques, au risque de déplaire (comme d’hab, en fait). Ainsi quand on chausse les baskets, il ne faut plus oublier de mettre du vernis, et pour les rangers, elles deviennent « tout simplement » des mules. J’ai lu que Sea of Shoes adorait les rangers blanches, mouais…
J’ai du mal à imaginer qu’on marche avec sans les perdre ou avoir l’impression qu’un camion six tonnes soit garé sur nos petons, de même que pour les baskets, j’aurais préféré que le talon soit lui aussi ouvert. Bref, je suis pas fan, mais on va dire qu’il y a une pointe d’inventivité, on va dire…
De toute manière, les rangers, ça me fait penser aux gothiques de Châtelet, je peux pas. Pour résumer : No Way !
Les délires shoesesques de Jean-Paul : No Way ou Yeeaaah ?

© Imaxtree
Et pour trotter, qu’avons-nous là? Qui pour une soirée, qui pour un entrainement en appartement, pour la beauté du geste, puisque tu ne descendras jamais les escaliers en talons de 12, ne chérit les belles hauteurs des souliers de style? Oui. J’en suis folle, j’aime l’exubérance et l’esthétique d’un escarpin de haute montagne, folie des grandeurs, ivresse de l’altitude, courbe surnaturelle à descendre en stop (motion). Mais tu vois, moi aussi, j’habite le quotidien. Et parfois le quotidien est vachement joli mais assez fatigant et l’on aimerait se pavaner avec quelque chose de guilleret, stable et aéré aux pieds.
Ouf, on a découvert Ellips chez Javari. Souple, pimpante, la collection de Priscille Demanche c’est devenir une gracieuse wonder woman un brin retro en faisant les courses au Monop’. Autour de 200 €.

Hi guys! Vous rêvez tout à la fois d’adopter les pas délicats de la danseuse bien qu’assez pervertis par un masochisme à la BlackSwan… Non, bon. Vous êtes tentées par cet incroyable mouvement hypocrite assoiffé d’austérité monacale, version cuir brut, cuir pur… Non, bon. Vous êtes fascinés par cette maison Vionnet qui renait de ses cendres, retrouvant un souffle actuel en gardant l’esprit des années fastes, graphiques, élégantes si chères à Madeleine… Non, bon. Vous n’avez de toutes façons pas les moyens. Ok, bienvenues au club. Cela n’a jamais empêché personne de s’extasier.
Non, bon?
Sandales en cuir et ruban de soie, Vionnet, 515 € chez Net-à-Porter.
On achève bien les chevaux, les dindes et les esthètes. Charlotte Olympia, qui nous avait exténuées d’amour avec ses pompes salade de fruits, réitère, façon fatale en ouvrant sa boutique online. Pauvres de nous. Triplement pauvres. Hélas.

Bebel léopard, pour un trip tropicaliste à fond les manettes, Charlotte Olympia, 659 £.
Ah tiens, déjà un an. Déjà un an que je vous reparlais du prix « jeunes créateurs » de Bata. Comme le temps file… La dernière édition et les collections du lauréat sont de nouveau là et prêtes à l’achat. Je resalue l’initiative de la marque, que l’on toise avec un petit mépris élitiste le reste de l’année, ce qu’on est étroits ! Bata qui à l’instar de feu le concours 1.2.3. (qui explosait par-là et à Hyères son image de boubourge dadame) dore carrément son blason en donnant une vraie chance à la création. Cette fois, c’est Pierre-Alexis Hermet qui décroche la timbale 2011 avec des modèles radicalement sporty bien que hauts sur pattes. Résille technique, sangles, boucles à cran d’arrêt et semelle crantée s’acoquinent mieux à mon goût sur les modèles hauts talons, allant plus loin dans l’hybridation de genres que sur les modèles sandales plates. En fait, sincèrement, si je reconnais la pertinence et l’originalité des pièces, je ne suis pas sûre du tout de les porter pour leur côté un peu abondant d’idées, arbre de noël de geek.
Collection Jeune Créateur Pierre-Alexis Hermet pour Bata, de 79 € 90 à 89 € 90.
En revanche, en enquêtant 3 secondes et demies sur le web, je découvrais avec tressautements d’enthousiasme les autres champs d’action du jeune créateur. Notamment via un post de Big Beauty, où le collier de cordage fluo m’a tapé dans l’œil façon sauvage.
Colliers Ito, de 150 à 170 € sur commande, chez IRM Design, la marque de Pierre-Alexis et son amie Marion.
Celui que l’on retient encore comme l’homme aux frites aka le co-gars à la cabane de Hyères, sait décidément fort bien s’acoquiner. Qui ça? Mais Jean-Paul Lespagnard, évidemment. Sous nos yeux ébahis prêts à s’hilarer et dans la pénombre du Social Club eut lieu la présentation automne- hiver du belge créateur.


Moins foutraques et plus futuristes que dans les collections précédentes des Jeanne d’Arc galactiques, héroïnes retour vers le futur tournaient sur elles-mêmes façon poupées de boite à musique. Et pan! On découvrait avec extase les sabots dessinés par la pétulante Nathalie Elharrar et réalisés à la main en Alsace… Que Jacquou le Croquant libère mon esprit et le moinillon du Nom de la Rose ma parole, j’aime cette rencontre clash entre chic, street et médiéval fantasy.
Les motifs finlandais de Marimekko habillent la Chuck Taylor cet été ! Maria et Kristina Isola, mère et fille, ont choisi un imprimé graphique noir et blanc pour ces modèles dédiés aux femmes. Doublure vert pétard et chic urbain au programme, un peu d’animalité dans l’imprimé adouci par une chaussure classique iconique, oui, ces sneakers pourraient rencontrer le succès avant même le retour de l’été.

Comptez 75 euros pour les basses et 80 pour les montantes (points de vente : 02 99 94 69 85).
© Converse
Allez, oh, décrochez doucement du est-ce que je peux/veux le porter? pour glisser sans dommage vers l’appréciation stylistique et intellectuelle, ça ne te fera pas de mal et soulagera quelque peu ta compulsion. Pense un peu moins à tes pieds et récupère ton cerveau, deux minutes. Non pas que ce soit vraiment antinomique. D’après moi, il n’y a même jamais eu divorce et ce qui nous stimule le cervelet nous rend plus sexy, énigmatique, pertinente de la beauté. Alors, voilà. Benoit Méléard en est l’emblème typique. Un garçon qui se pose des questions sur la forme et revendique un hommage appuyé à l’expérimentatrice Beth Levine, mais pour sa capacité d’expérimentation et pas dans un copié collé béât d’admiration plate, gagne à être connu. Beth Levine aussi, d’ailleurs, pour une minute esthète de Madame Encyclopède.
Donc quoi, la bride Salomé n’épouse plus le coup de pied et trace d’une ligne parfaitement tendue la distance nombre d’or des orteils à la cheville. Oui alors, je les entends revenir au galop comme l’étalon en Camargue, les remarques acerbes du genre « c’est pratique tu peux y coincer le paquet de clopes ». Je n’écoute pas et dis juste: bondage arty, nouveaux volumes dessinés par le vide, brillant et drôle, dadame bien corrigée.
Et puis, bon, on se rassure tous en cœur de pouvoir malgré tout porter (en vrai) ces souliers conceptuels: une partie de la collection Manifeste de Benoit Méléard est un peu moins radicale et s’achète allégrement au Bon Marché et chez Franck et Fils, autour de 360 €.
Photos : Iniaki/ Totem.
Orteils, coup de pied, chevilles, courbes du mollet, arrière des genoux, cuisses. On suit du regard la jambe nue comme on dessinerait du bout des doigts le tour de l’amant. Oui, puisque la sensualité a quelques peines avec l’hiver, on rêve de printemps et de souliers sophistiqués piédestal de futurs plaisirs. Certes, des souliers compliqués comme des mains qui s’entremêlent…

Excuse mon lyrisme de pacotille, limite eau de rose M6 de charme. Mais. On nous engloutit sous les événements et les produits dévoués à la cause saint Valentine et outre mon ras le bol, je voudrais être sûre que vous ne passerez pas à côté du désir, à l’occasion de cette fête à l’artifice anxiogène.
Pour cela, je compte sur vous pour travailler du ciboulot fantasmatique sur les chaussures fatales de l’ami Burak Uyan, aux alentours de 600 € chez Franck et Fils.
Délicieuse collection de souliers anglais, masculin-féminin, du rouge pastèque au noir verni en passant par l’irisé, chaque modèle se présente comme une pâtisserie fine sous un couvercle soigné. Mon choix se porte de suite sur les brogues plates à noeud, je les adore. Elles me font penser à ces petites chaussures vernis coiffées d’un noeud que je portais petite, toujours en couleur noire ou rouge. Ah, le fameux retour à l’enfance…
La touche régressive (mais chic) de certains noeuds a indéniablement sur certaines d’entre nous un pouvoir d’influence sur le comportement. Pour moi, c’est cuit. Le noeud, j’aimerai toujours.

550 € les bottines et 430 € les brogues, chez Mulberry.
© Mulberry
Tiens, moi qui me finissais par me lasser de Maloles tellement la ballerine Zoe a eu le même effet sur moi que le tsunami Repetto, je suis agréablement surprise par la collection été. Maloles Antignac signe des chaussures qui ont du caractère et de l’énergie, comme une femme, on a envie de voyager avec elle, bravo par ce que je suis assez casanière de manière générale ! Des couleurs chaudes et des imprimés exotiques, on part visiter un temple maya puis direction le Maroc avant de poser ses bagages à Séville ou en Sardaigne. Je vous montrerai plus tard d’autres modèles de cette collection « Desert Rainbow », mais voici mes préférées…


Alors, vous aimez ? Vous avez un pied en été ?
© Maloles
Le 18 mai 2012 - Dans Prodigieux (pour vos mères aussi) #concours