Revue de Web n°144 : La guerre des clones
Lana Del Rey, des blogueuses mode et la blogueuse moche, les shoes de beauf, Lady Gaga sous perf de Nutella, Mango et Zara ne sont que la pâle copie d’autres modèles, tandis que l’on réfléchit aux images modernes et que l’on bannit les chats. C’est dense, oui, ça part dans tous les sens, oui, c’est la revue de web, baby!
Lana Del Rey nous revient donc, égérie automne-hiver pour H&M. Alors que les affiches de la campagne se voient un peu partout, le film, mettant en scène Lana version Dorothy Vallens (Isabella Rosselini dans le poisseux, luxuriant et impeccable film de David Lynch: Blue Velvet) est plus difficile à visionner, à l’instant, pour de sombres histoires de droits d’auteur, bref… On l’a dégotté néanmoins chez Minute Buzz. Attention, c’est rapide. Le choix de la référence directe à Lynch est assez curieux. Dénuée de tous les attributs bizarres et pervers qui font la force du cinéaste originel (attributs inadaptés à la pub, à faire vendre, on vous l’accorde. Mettre en scène un nain n’est pas suffisant), la vidéo nous propose l’univers Lynchéen édulcoré, rigolo même, voire sympa… Ce qui est le plus chelou, au final.
Après les inspirations suédoises, abordons l’Espagne et les collections Mango et Zara, enseignes qui poussent le jeu de la copie le plus loin légalement possible, mais ça, on le savait déjà. MoodForStyle nous offre un billet comparatif et bien renseigné pour qui rêve sans pouvoir se les offrir de certaines pièces Isabel Marant, Lanvin, Beckham, Dolce & Gabbana. Difficile de distinguer la copie de l’originale. On y perdra au change (prix battant toute concurrence) une dose d’originalité, nous, on en a déjà par dessus la tête des ersatz de bottines Chloé vues sur tous les pieds (c’est le syndrome baskets compensées Isabel Marant, ça rend dingue).
On continue la thématique ersatz avec Les Résisteurs qui signent un énième pamphlet sur LA blogueuse mode. Si certains points sont sans doute justes pour une catégorie de filles (« Prisonnière de l’apparence, qui lui permet de croire qu’elle bénéficie d’une vraie personnalité, elle entend dissoudre son identité dans la vacuité d’une surconsommation et la surexposition de celle-ci. »// « C’est qu’une marque comprend parfaitement que, puisque la blogueuse mode ne vit que pour avoir son égo flatté, l’impression d’appartenir à un monde qui n’est pas le sien ne pourra que la satisfaire« .), il est encore une fois dommage de se laisser aller à une généralisation méprisante. En outre, « les autres » blogueuses mode (car heureusement il y en a des créatives, des drôles, des singulières, des expertes, des peu vénales, des passionnées) pâtissent inexorablement de cette généralisation. Quant aux lectrices de ces fameux blogs, elles ne sont même pas évoquées. Pour rappel: la relation marques-blogueur ne fonctionne que grâce à la validation du lecteur, c’est une équation à 3 valeurs…
Un petit rappel au passage pour aider tous les mecs sapés et chaussés comme des merdes : Jooks (notre nouveau site chouchou) veut en finir avec les beaufs qui porteraient encore des chaussures à bout pointu ou carré. STOP AU MASSACRE ! Donc si tu connais (et on a tous un beauf dans nos amis du moins sur facebook) un mec qui porte ces « pompes de bledard », rends-lui service et forwarde-lui ce post.
Puisqu’on parle de laideur, vous connaissez La Blogueuse Moche ? Antithèse du blog mode, sur ce blog participatif on envoie une photo et un petit mot du truc le plus laid qu’on a chez nous. Chaussettes en laine façon chaussons que même ta mère à 80 ans ne portera jamais, vernis métal raccord avec la nappe de plouc de la cuisine, housse de couette de la lose, tout y passe. A vous d’envoyer ce que vous cachez avec tant d’effort à vos amis… ah ah
Langue de pute mode on : vous avez vu la photo de Lady Gaga publiée cette semaine ? Quelqu’une aurait-elle une hypothèse fiable pour expliquer comment on passe de la minceur control freak à Jessica Simpson en deux semaines ? Kelly Osbourne est persuadée que la chanteuse est enceinte, nous on penche pour le syndrome Britney.
Sinon, vous connaissez la Désencyclopédie? Se présentant exactement comme Wikipédia, le site nous propose définitions, étymologies, histoire, anecdotes rédigés par des loufdingues racontant, donc, n’importe quoi de préférence.
Figurez-vous que c’est en lisant un article très sérieux chez Embruns, article se questionnant sur l’image en général et la photo filtrée Instagram en particulier (« Peut-être sommes-nous dans la quête de l’imperfection dans l’aseptisation proprette du numérique« , « La part de hasard est devenue comme une protestation anarchiste face à la perfection technologique« .) que nous fûmes interloquées par un acronyme: Laurent (l’auteur canadien d’Embruns) est président d’honneur du CCCI. Le Comité Contre Les Chats sur Internet. Avec cette soif de vérité et d’enquête qui nous caractérisent nous partions à la recherche de pages officielles de l’organisme. Et tombions sur la fameuse Désencyclopédie ne nous éclaira malheureusement que sur le CCC (sans l’aspect interweb, ce qui est un peu regrettable).
Crédit photo: Le blog du Cinéma.









Cette semaine, on se moque. Des autres et un peu de nous. Classe mannequin, Louis Garrel, le week-end de la Toussaint où t’es pas la seule à avoir frôlé la pendaison, Zara toujours, tant de sujets que nous nous devions de partager avec vous… Revue de blogs et de Tumblr qu’on a aimés découvrir, hop c’est parti !
Les beaux jours, peut-être. Tu n’es pas tout à fait prête. Paradoxe bien humain, après tout. Moi je rempile pour une semaine à la montagne, bientôt, ce qui signifie torture intense de la jambe et contention ultime du pied, point de repère annuel de l’annonce du printemps. Après, l’air. Lisse, vernis, trop blanche. Du dévalage de pentes en chaussures de ski au chemin de croix en sandales de moine, il n’ y a qu’un pas flagellant que
Hola. Hier, fête nationale, je fuyais la France pour ma ville basque espagnole favorite: San Sebastian (Donostia en basque, donc). N’y voyez aucune manière de fuir un patriotisme locale dont je n’ai que faire, ni d’en célébrer un autre aux couleurs du foot gagnant du monde, dont je me contrefous. De toutes façons, heures grises sur l’Espagne du nord, le temps était lourd comme je l’aime et la plage abandonnée, de fait. Supporters et autochtones ayant eu la jugeotte d’aller là où il fait plus chaud et où la bière coule à flots (Pampelune et sa folie vachette, sûrement). T’inquiète, la BeSnobette en vacances ne va pas te tenir son journal de bord mélancolique et balnéaire, comme ça tous les jours. Mais bon, on l’a toujours dit il ne faut pas vous endormir dans nos habitudes, même les meilleures.
Cela s’explique-t-il? Une envie de couleurs puissantes, revendicatrices, pleines de promesse de luxure amusée, détachée, jouer de l’éternel féminin comme d’un riff de guitare écorchée. Reptile et vernis, satins Mondrian passés sous influence YSL, modern art anéanti par les Cramps et talons de 12 bien balancés de patins (question de survie).

Alors, tu vois, l’autre jour je me suis acheté une robe en jersey de coton gris, décolletée en V joliment profond, droite, près du corps, courte ET très épaulée Balmain like, mais chez Zara. Je suis aux anges. Je l’adore, elle est si parfaitement sexy 80′s et facile rapport au jersey jogging. Je la porte d’emblée. Et d’emblée deux personnes pourtant de goût et tandis que je pars à la chasse aux compliments, me disent: « oui, elle est bien, mais tu ne veux pas enlever les épaulettes?« . Deux hypothèses s’offrent à moi. 1/Je suis trop précurseuse dans un monde frileux qui a besoin de temps et d’amour. Oui mais non, parce que Zara, quand même, faut pas déconner pour ce qui est de l’avant garde. 2/J’ai trop minaudé et n’ai reçu que la monnaie de ma pièce.
Oui, en ce moment, t’as remarqué, mon regard ne s’attache qu’aux grandes enseignes de la whole world fashion, big brother du prêt-à-porter. (Exception faite d’1.2.3. qui reste très local, je te l’accorde, sans déconner). Si Zara n’était pas, Marni serait un peu plus riche, moi un peu plus ruinée et mon sacré placard aussi maigre qu’une vache en pleine disette. Pour preuve ces sandales-bottines-cut out qui cumulent les mandats, note tout ça: le zip côté, la semelle en biseau et patin de bois, le talon recouvert du même nubuck (jaune, jaune, jaune ou noir)… C’est bon, en ce qui me concerne, c’est vendu. D’où, pas toi? 
Le 17 juin 2013 - Dans Ton tee tu l’as rêvé (#concours)