Donc, il y a la sandale revolver de Chanel qui ne me convainc pas. Outre la forme, dont on imagine bien la référence très Chicago de la prohibition, Al Capone revisité par Almodovar, je trouve l’ensemble du soulier très très premier degré voire ras des pâquerettes de l’interprétation. « Ah parce que les escarpins tube de rouge, ce n’est pas premier degré de l’interprétation, peut-être? » Me sussure Karl en rêve. Regardez, maître, ici nous avons droit à une efficacité graphique que je n’ai pas trouvé ailleurs, dès lors que le pied de nez est en marche.

Et puis il y a l’élégance du rire. Avec cette paire d’escarpins Alberto Guardiani, hop, on bascule dans le glamour d’un Billy Wilder adoré. Que l’on aura hâte d’apaiser de géometrie variée et polychrome.
Escarpins Lipstick, Alberto Guardiani, 315 € chez Colette.
Oversized top, [LEOPARD], 51 £ 75 Belle Sauvage et leggings à empiècements, Something Else, 151 € chez Urbanoutfitters.
Si je n’ai pas une passion pour les austères derbies fermés à talons hauts, évocation de gouvernantes sévères et vieilles filles, en revanche le gris et les perforations me rendent dingues (de joie). Ainsi sur ce modèle (peu cher, ouiiiii), j’oublie avec légèreté les principes collet-monté d’une éducation rigide au profit d’une bonne humeur Mary-Poppins-like, moderne et aérée. Contrasté et souple ce derby me semble idéal pour attaquer du bon pied la mi-saison, en jeans, si tu veux, en toile kaki avec plaisir, en jupe virevoltante, dans l’allégresse… Bon, on abandonne collants et socquettes, qui en plus d’être laids sont ici complétement contre-productifs.
Derbies 50 € 53 chez Asos.
Crédit photo: Asos.
N’oublions pas que les soldes vont bientôt (6 janvier) résonner telles les trompettes divines à Noël et l’on risque bien de se convertir. Dès maintenant, on peut faire ses repérages ou mieux, essayer de mettre le pied sur des promos d’ores et déjà en place. 
Au rayon desert boots à talon qui emprunterait les impénétrables voies de la montagne bûcheronne néanmoins très stylée, nous avons en tête de gondole l’inaccessible et hautement fantasmante boot Chloé. Si vous avez été gâtée en cash, vous pouvez toujours attendre le potentiel miracle des soldes mais mieux vaut soutenir votre vœux d’un cierge ou deux à l’église du coin. Pour le moment elles valent encore 495 € chez NaP. Viennent ensuite de délicieuses et fines boots Pedro Garcia, un poil moins onéreuses, mais enfin faut le dire vite ou j’y perds ma religion (comme dirait REM): 343 € 62, toujours chez NaP.
Enfin et c’est plus lourdaud mais on n’a rien sans rien, des boots trappeurs mais pas trappistes signées Mellow Yellow sont agréablement soldées à La Redoute, à 90 € 30. Et c’est pas mal parce que le même genre de modèle (plus détaillé et précis, certes) sur le site même de Yellow Mellow remonte la pente à 165 €.
L’ai-je bien descendu?
Ok, ce n’est pas la première fois que je m’intéresse aux grands pieds. Pourtant vous savez maintenant que je ne suis pas géante grâce (à cause d’) à American Vintage (et je vous encourage, évidemment à voter). Bref, c’est par pur altruisme pour les grandes, les big feet que je reviens à la charge. Je sais que beaucoup de petites pointures nous lisent, pour elles, je ne sais que faire. Bref. Le saviez-vous? Les grands pieds adorent, adorent les talons. Et on ne leur lance pas la paire (ahahhaha). Ma boutique préférée pour les Berthe que vous êtes parfois présente une nouvelle marque, plutôt sympa, plutôt j’assume et c’est bien. Applaudissons. Tu mesures 2 M 13 et tu veux des talons vintage, go, go, go.
Modèle Lucca, Laura Amat chez XLBootic, 109 €. (à partir du 42!)
Crédit photo: XXLBootic.
Marre de la discrétion et du bon goût ton sur ton? Rassure-toi, malgré mon sens de la nuance et du discernement modesque, ça m’arrive tout le temps. Comme dirait Gad, c’est une rechute. Et quoi? Quel mal à vouloir se hausser sur du douze pour toiser les jeunes filles et s’habiller d’or pour ses cheveux, non, euh, pour briller dans la nuit jetsetteuse et ostentatoire? Ou au parc, tiens. M’en fiche, j’aime bien et personne n’est parfait. Gypsy Platform Pumps, 26 $ 80 chez Forever 21.
Crédit photo: Forever 21.

En l’absence de vos modasses préférées, c’est chic type qui se fait un film sur les chaussures de filles (il se fait souvent des films sur les chaussures, sans être fétichiste pour autant). Quoi de plus sensuel que d’entendre la femme qu’on aime au téléphone et le martèlement de ses talons en fond sonore ?
Le pitch du film : je porte un noeud papillon au col, elle aux pieds. Ses souliers sont comme deux souris grises qui virevoltent autour de mes pas de danse sur la piste. Le vernis du talon brille comme les revers satinés de mon smoking et je me réveillerai cette nuit, lorsqu’elle sera endormie, pour regarder de plus près ces Dunes de chez Parc à 135 euros.
Crédit photo : Dune
Les Converse, c’est comme les hommes : on s’en lasse souvent mais on les garde. Un jean, un tee-shirt et hop, nous voilà transformées en Charlotte Gainsbourg. Mais voilà, le look propre sur soi, ça devient un peu tristoune à force ; nous, on veut du rock’n'roll, comme les Plastiscines ! Pour ça, suffit de chausser ces Converse gothico-bobo extra-fashion : noires et blanches, la tête de Lucie partout sur la chaussure et un style tout de suite plus loubarde (des beaux quartiers). Anarchy in the fashion !
Chuck Taylor punk, 45 $ chez Converse.
Credit photo : Converse
Le 26 octobre 2011 - Dans No Way ou Yeeaaah ? (#235)