Tristes tropiques
Promis, je ne vais pas vous faire le coup du lyrisme artistique à chaque note culture du mercredi. Je sais que je me suis laissée emporter par Fellini la semaine dernière. Mais bon, quand même. En ce moment au centre Pompidou, il y a Soulages. Le peintre du « noir et de la lumière » y est célébré, contemplation intime d’une vie en noir et blanc, surtout œuvre au noir, qui je l’ai déjà dit comprend toutes couleurs et nous pose la question ô combien profonde d’immensités nuancées et cadrées. Bref, si tu as encore décroché, sache au passage, que le styliste Stéphane Plassier a posé sa Black Caravane, du 27 octobre au 17 décembre 2009, autour du noir, toujours, à l’Institut Français de Madrid. Et que les aléas magiques du web m’ont porté jusqu’à ce blog: No Color, où tout ce qui est noir-noir et blanc est passé en revue, notamment la belle énergie graphique de la BD aux relents de vieux film contrasté d’expressionnisme en veux-tu en voilà. Bonsoir.
Exposition Soulages,
14 octobre 2009 – 8 mars 2010
11h00 – 21h00
Centre Pompidou, Paris 1.
Prolifique touche-à-tout, passant du design à l’architecture, Stéphane Plassier ne cesse de moduler et d’inventer autour du noir. Couleur qui naît de la somme de toutes les couleurs, la profonde et impalpable nuance ne se résume évidemment pas à son seul nom qui le détermine de manière trop restrictive. Mat, transparent, laqué, velouté, opaque, brillant, lumineux comme l’obscure clarté qui tombe des étoiles, le noir à lui seul contient un infini de variations et de références. C’est très naturellement que le créateur Stéphane Plassier décide d’aborder les rives de la mode, via cette non-couleur, tour à tour austère, énigmatique, ténébreuse ou ludique en constituant une collection intemporelle de basiques, une grammaire pour un dressing charbon. Dessinées au cordeau, les pièces en jersey et jacquard aux jolies finitions laissent une grande part de créativité et d’appropriation du vêtement à celui qui le porte. Des items simples et modulables laissent libre cours à l’interprétation, ouverts, fermés, drapés, montants, dénudés ou pudiques se métamorphosant au gré de la journée ou de l’humeur. Superbement nécessaires.
Le 7 février 2012 - Dans Body and Soul (#carte cadeau)