Moi je me fais mon cinéma… À l’heure où patins, semelles plateaux et tours de Hanoï semblent représenter le parangon d’une certaine modernité du soulier, je suis à crans. Il ne faudra pas compter sur ceux-ci pour arpenter la France enneigée et ses 30 cm de poudreuse, mais de toutes façons, dressée sur ces talons, on est déjà en haut des cimes. J’aime bien cette semelle qui plus qu’utile reprend les stries d’une aile wonder woman stylisée. Entre boots aux détails presque sellier et escarpins noirs fatals, j’adopte.
Souliers cut out, Camilla Skovgaard, 360 € 59 chez Style Paste. C’est hors de prix mais c’est danois, tu sais c’est à la mode.
Promis, je ne vais pas vous faire le coup du lyrisme artistique à chaque note culture du mercredi. Je sais que je me suis laissée emporter par Fellini la semaine dernière. Mais bon, quand même. En ce moment au centre Pompidou, il y a Soulages. Le peintre du « noir et de la lumière » y est célébré, contemplation intime d’une vie en noir et blanc, surtout œuvre au noir, qui je l’ai déjà dit comprend toutes couleurs et nous pose la question ô combien profonde d’immensités nuancées et cadrées. Bref, si tu as encore décroché, sache au passage, que le styliste Stéphane Plassier a posé sa Black Caravane, du 27 octobre au 17 décembre 2009, autour du noir, toujours, à l’Institut Français de Madrid. Et que les aléas magiques du web m’ont porté jusqu’à ce blog: No Color, où tout ce qui est noir-noir et blanc est passé en revue, notamment la belle énergie graphique de la BD aux relents de vieux film contrasté d’expressionnisme en veux-tu en voilà. Bonsoir.
Exposition Soulages,
14 octobre 2009 – 8 mars 2010
11h00 – 21h00
Centre Pompidou, Paris 1.
Once upon a time you dressed so fine… Ce sont sur ces mots de conte triste que Bob Dylan débutait Like A Rolling Stone. Oui, pourquoi pas, moi, face à la simple beauté du soulier et puis beaucoup à cause du style, je pense Bob. (Intoxication enfantine). Bon, bah, pour les pavés et plus la plage, pour trottiner toute la journée et plus si affinités, je dis c’est parfait. Par ailleurs, je me prononce en faveur du collant plumetis noir rendant grâce aux mats et brillants, glacés et élastiqués du soulier. C’est plutôt nium, non?
Bottines gardunor, 149 € chez Yellow Mellow.
Crédit photo: Yellow Mellow.
Je ne sais pas trop ce qui m’a pris avec ce rose. Nan, parce que le rose en général, je l’aime comme dans la vie, comme mignonne allons voir si, comme là où les plus sauvages poussent, comme l’english, comme le mot (mais moins). Et en même temps, ici, ce n’est pas très réussi. Avec le rose, je crois qu’il faut une forme ultra simple, là, le zip, le verni et les découpes me font remonter la dernière prune que je n’aurais pas dû boire hier soir. Je me rends bien compte que je suis casse-désir, là. HEY, elles existent et sont parfaites en noir!
Sandales STAR, 105 € chez Dune.
Crédit photo: Dune.
Marre de la discrétion et du bon goût ton sur ton? Rassure-toi, malgré mon sens de la nuance et du discernement modesque, ça m’arrive tout le temps. Comme dirait Gad, c’est une rechute. Et quoi? Quel mal à vouloir se hausser sur du douze pour toiser les jeunes filles et s’habiller d’or pour ses cheveux, non, euh, pour briller dans la nuit jetsetteuse et ostentatoire? Ou au parc, tiens. M’en fiche, j’aime bien et personne n’est parfait. Gypsy Platform Pumps, 26 $ 80 chez Forever 21.
Crédit photo: Forever 21.
Comment, tu pensais que je n’allais pas revenir sur la collection printemps/été de Gaspard Yurkievich? Décidément c’est mal me connaître. C’est pas que je rabâche, c’est que je pourrais devenir mono maniaque s’il n’y avait toutes ces autres tentations. (Oups, les Minelli sont dans mon placard en attendant des jours météorologiquement meilleurs, j’ai vu dans ELLE que Punky B, jeune femme de bon goût, les arborait aussi, j’espère que la rupture de stock pointe son nez, sinon, bonjour la banalité ici). Bon, revenons au vif du sujet. Du rose shocking bien verni, de l’orange vitamine dynamite et du noir éternel s’imbriquent, se superposent, s’ajourent et nous laissent pantoises et frissonnantes (sans doute le rhume de mars, aussi). Encore une fois, on ne sait que préférer de la sandale arachnéenne ou des peep-toes décolletés… Tragique dilemme.
Black and pink high heel sandals, 305 € et Black and pink open-toe high heels, 289 €, Gaspard Yurkievich.
Crédit photo: Gaspard Yurkievich.
Le 29 juillet 2010 - Dans L’arme du crime