Revue de Web n°57 : c’est le printemps, coucou, coucou.
Les dames d’habitude aigries sourient en croisant un couple d’amoureux, les hommes ont l’érection facile depuis que les robes et les vestes remplacent les jeans et les manteaux, toutes nos copines se mettent à la Contrex et aux légumes verts, les nouveaux magazines fleurissent, on remplace le déjeuner par du lèche-vitrine, tous les indicateurs sont présents : nous sommes bien au printemps. Au programme de cette revue de Web « fin mars début avril » : BE comme has BEen, le sabot a tué SJP, le short ex boyfriend, le régime n’a pas tue(r) la critique gastronomique élevée au rang du chef d’œuvre et c’est tant mieux.
Après Grazia et Envy, c’est au tour de BE, le nouveau mag de Lagardère, d’être apprécié ou taillé en pièces par la blogo. Le magazine s’appelle donc BE, les lectrices sont proclamées Bees par la rédac’ mais le buzz fait pssschit comme un pet sourd qui tue les abeilles éclairées. Sur son blog Les Trouvailles du Faon, Noé nous explique pourquoi ce nouvel hebdo n’a, selon elle, aucun intérêt… Les chroniqueuses écrivent comme elle parlent, façon blogueuse, sauf que sur print, ça ne passe pas, n’est pas Punky B qui veut : « ce ton surfait pue la stratégie marketing. Les blogueuses elles sont authentiques & libres comme l’air (enfin presque) ! Be ça ressemble aux petits bijoux de blogs mode qui fleurissent sur la toile sauf que c’est du toc ! ».
Et pan ! Daphné Burki tient une rubrique « un peu (beaucoup «?) creuse, on sent l’inspiration de la rubrique de Fonnelle qui écrit dans Elle, sauf que ça ne fonctionne toujours pas. » Les thèmes censés être intergénérationnels n’ont aucune cohésion entre eux, Noé a l’impression de nager entre Delarue et Girls/ OK Podium ! BE, en résumé, c’est une couche de Web 2.0 avec un Lol dans un encart, histoire de rappeler que chez Be « On est jeune, on surfe sur la toile, on est comme vous ! » Si après ça, vous avez encore envie de l’acheter, on vous tire notre chapeau cloche ! (Cloche de Pâques).
On a toutes une opinion sur les sabots et leur improbable come-back (voir No Way ou Yeeaaah ? #158), nous on se moque gentiment des filles qui craquent sur les modèles Swedish Hasbeen. On attend avec impatience leur streetstyle attitude via photo retouchée sur leur blog (ainsi et surtout sur Madison & Jenifer), oh oui qu’on les attend au tournant ! Ce n’est pas sur le blog Haute Allure qu’on nous dira le contraire, puisque l’auteur refuse de s’adonner à la tendance fermière bobo à cause de Karl. D’ailleurs, on se range définitivement du côté des contre en voyant Sarah Jessica Parker accoûtrée comme une teufeuse en rehab avec aux pieds de monstrueux sabots montants. Les sabots, ce sera non cette année, et toujours non en 2015, compris ?!
Une pièce qui nous avait échappé, on l’admet : le boyfriend short. C’est Sonia qui nous rappelle sur sa Fashionbox que le porter taille haute n’est pas forcément l’idée du siècle, tout de moins quand on a des hanches larges. Alors Sonia, elle nous pseudo-prouve, photo à l’appui (sans se la péter, on aime), que le short boyfriend porté taille haute ou basse, c’est naze. Elle se trouve affreuse et grosse avec ce short 90′s remonté ceinturé jusqu’à la taille; on n’est pas d’accord : ça lui va comme un gant revival grunge « who cares », le boyfriend short taille haute. Elle, dit non : « catastrophique ». CQFD fait et avis sans intérêt (le nôtre et les groupies en commentaires). Sinon quoi de bien intéressant à dire sur le sujet ? Rien.
À l’heure où toutes s’excitent pour perdre 0,8 cm (prouvés sur test clinique en une semaine sur trois personnes), chez BeSnob, on a eu envie de laisser parler notre gourmandise. Enfin, pas exactement la gourmandise mais la bonne chère, tendance « si ça fait grossir, au moins faut-il s’éclater les sens ». Et le saviez-vous? Certains critiques gastronomiques écrivent comme Guillon au réveil ou comme Proust à Albertine.
On commence avec Mr Lung. Acerbe, précis, dandy, esthète (à claques?) et hong-kongais d’origine, notre ami passe en revue divers restaurants et autres savoureuses ambiances. Nous avons apprécié la critique du bobo restaurant Glou, Haut Marais again. Table d’hôte à partager, son inconvénient : les voisins quand ils draguent la femme fatale qui vous accompagne dès que vous allez vous laver les mains et jeunesse de l’équipe, le problème de la jeunesse – et je dis ça en tant qu’apprenti vieux con -, c’est son inexpérience sont les seuls bémols d’une soirée au final réussie. Franchement, on s’en paye une bonne tranche sans avoir même à se déplacer. C’est toujours 80 € d’économisé et 8000 calories temporisées.
La star du blog gastronomique, c’est bien François Simon de Simon Says. Journaliste au Figaro, oki, le monsieur sait narrer une mousse au chocolat façon Dumas Alexandre et on en redemande. Le truc c’est qu’on parle mousse, ok, (On pourrait , à dessein, brosser le portrait psychologique des amateurs de la raide sèche tout comme il semble aisé de deviner quels caractères se cachent derrière les adeptes de la mousse mouillée, presque trempée à la base), mais tout cela est littérature tant on plonge dans le portrait d’une galerie qui vaut son pesant de cacahuètes. Et on pèse nos mots, sinon, c’est calorique. Tranche de vie: Chose cocasse, au moment où il disparaissait tout au loin dans les lambris de l’hôtel, sa darling plongeait ardemment la main dans son sac, pianotait à la va vite quelques texto incandescents (on l’espère) avant de retrouver une faconde de first lady. C’est beau, c’est bon, c’est Simon Says. (Ce mec écrit comme un dieu, on voudrait juste lui dire de se payer un relecteur, fautes d’inattention? Oh, ou des relectrices, nous, on est volontaires). Bon app.


Le 7 février 2012 - Dans Body and Soul (#carte cadeau)