Ah, le fleuri motif Liberty… On sait, on sait, cela ne fait que le 4e été qu’on tente de vous vendre son retour.
Éternel romantique à la sauce douceâtre hippy Hamilton, tout en flou plouc bucolique digne des premiers pionniers de l’Amérique (c’est le symbole de la Libertyyyyyy !). À moins que la vraie tendance ne rejoigne sa racine primale, à savoir un teint de rose anglaise anémiée et prisonnière d’un intérieur re-décoré Laura Ashley ? Let’s have a look…
Liberty, j’écris ton nom
On en a déjà parlé, chez BeSnob, on est plus que mitigées sur le port du sarouel. Mais il faut bien reconnaître que celui d’Anne-So, shoppé en Liberty chez Kookaï, nous réconcilie avec la pièce improbable. Alors, est-ce la qualité des photos, les jambes interminables de la dame ou tout simplement qu’on ne l’avait pas vu venir, celui-là, de sarouel Liberty ? On le reconnaît aujourd’hui, du bout des lèvres (parce que nous sommes fières) : porté avec une tunique et des stilettos pastel, ce Liberty-là nous met d’humeur primesautière !
Fanny, elle, le porte long et casual, son sarouel en Liberty. Sur son blog, Play it like a girl, c’est la stupéfaction quant à la beauté de l’imprimé et au prix incredible de l’ovni (14,95€) débarquant tout droit d’une obscure enseigne, Oysho.
Alors, on ne peut pas vraiment se prononcer sur son côté social fashion, vu que Fanny le porte pour traîner chez elle, mais par contre, on part vite faire un feu de joie de nos vieux pyj’ poucraves. C’est promis, elle nous a tellement collé la honte que plus jamais on ne traînera dans nos vieux peignoirs grisâtres.
Que dire à part que c’est la grosse plantade fleurie chez Mary and the City ? L’imprimé quasi fluo de sa robe Zara est suffisamment ordinaire pour qu’on quitte le domaine du Liberty pour celui, plus quelconque, de la vulgus fleurus (bien sûr qu’on parle Latin, vous croyez quoi ?)
Mal accompagnée d’un gilet noir informe et de bottes marron, on crie à l’imposture fashion, là. Mary, enfin, pourquoi du Liberty à tout prix ?
LI-BÉ-REZ L’accessoire !
La Baby Modeuse nous conte comme 786 autres blogs l’histoire du mythique imprimé fleuri qui fit le succès de Cacharel, nous la joue flower power, on a un peu peur de s’emmerder sur la longueur… Puis on voit les it-sneakers du printemps, celles qu’on veut toutes, les fameuses Nike Liberty. Et oui, Baby Modeuse vient nous narguer avec ses Dunk à fleurs et indique en passant que les shoes en 38 ne sont déjà plus dispos chez Colette. Et là, tu éteins ton ordi et fonces rue Saint-Honoré acheter la dernière paire approximativement adaptée à tes 40 fillette.
Non, parce que Too Much Is Minimum, de son côté, a pensé très très naïvement que la fameuse Dunk florale, on pouvait la trouver partout, c’est-à-dire chez FootLocker. Ah, mais non, chérie, c’est de la hype, du collector, du 38 mort-né chez Colette Paris exclusivité. Autant te dire comme il faudrait jouer les pythies du style pour s’approvisionner de ces petites merveilles-là. Nous, on dit : le comble du snobisme, c’est de dédaigner le snobisme…
Bon, en même temps, on ne peut nier l’évidence violente plus longtemps, sans fausse modestie, de la Nike bucolique, on en a parlé pas plus tard qu’hier sur BeSnob. Tu vois, on sait être totalement mainstream, nous aussi. Attends, c’est parce que nous avons parcouru avec bravoure TOUTES les tendances à la pointe (de quoi?) et que nous voulions aborder le sujet du carreau Freestyle et du sneaker Liberty. Comment ? On se chercherait des excuses à participer à la meute ? Non, mais oh, tu t’es vue ? Enfin, si, quand même.
Lili-Lab pose quant à elle la question qui angoisse : « Comment porter le Liberty quand on a plus de 20 ans sans ressembler à Laura Ingalls de La Petite maison dans la prairie ? Ou tomber dans l’autre extrême, et avoir un faux air de Mme Le Quesnoy à la sortie de la messe en col claudine ? ». De peur de mal faire, Lili-Lab préfère porter le Liberty en accessoires comme sa collègue Baby Modeuse, et nous rappelle que nous n’avons toujours pas acheté les Nike Liberty ni les ballerines Liberty à 12,90 € chez H&M. Et pourquoi donc, après 20 ans, on virerait vieille bouseuse d’Indiana vêtue de Liberty ? C’est vrai, mince… Pourquoi ?!
Liberty, liberty, chéri
À celles qui manquent d’imagination ou simplement, heureuses soient celles qui ne nourrissent aucune fixette, nous n’aurons qu’une recommandation: Liberty Addict. C’est ça, c’est suffisamment explicite, sur ce blog VOUS SAUREZ TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LE LIBERTY sans jamais oser le demander. Des bons plans coupons pas chers à l’historique étayé, je t’assure, on se passionne, on conte fleurette. En se faisant tout de même cette réflexion: c’est dingue ce que le Web a libéré comme espace aux monomaniaques…
En répertoriant les blogs traitant du Liberty ce dernier mois, on réalise que c’est comme le sexe, c’est ceux qui en parlent le plus qui en portent le moins. Car oui, à part un sarouel, un bandeau, un sac ou les ballerines H&M, très peu de filles ont acheté une blouse ou une robe longue imprimé Liberty, à l’image des modèles Cacharel réédités. Aurions-nous peur d’une image trop romantique, trop fille… trop Laura Ingalls ? Si oui, offrez-vous un petit cours de rattrapage avec le sujet en images « Comment porter le Liberty », sur le blog de notre émission du week-end, La Mode la mode la mode et ensuite, à vous le shopping néo-baba chic !
Toi aussi, tu peux être sexy en toute Liberty !
Crédit photo: Liberty of London.
Le 26 octobre 2011 - Dans No Way ou Yeeaaah ? (#235)