Libération

6 commentaires Marie Ecrit sous acide par Marie
Le 20 juin 2010

Kaiser Chief

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Couv-AH1 Ah, Karl. Encore lui, oui. Un petit post en passant pour vous signaler que Karl le magnifique déploie ses ailes sur Libération du 22 juin. En l’occurrence, Lagerfeld sera le rédac chef de l’édition très spéciale du quotidien. Nouvelle innovation chez Libération : pour offrir un écrin particulier à cette édition collector, le quotidien Libération aura pour l’occasion un format double. Avec un prix de vente inchangé, ce Libé géant de 24 pages, édité sur papier surgrammé, aura un tirage accru de 30%.
Par ailleurs, Karl le prolixe signe les photos de la sélection orchestrée par Maria Luisa (j’y reviendrai à tous égards) pour la saison automne-hiver des 3 Suisses.
Réflexion du jour, bonjour: lire le brillant parallèle visuel du Modalogue, qui traduit l’omniprésence du Kaiser Karl au travers des mises en série (art=industrie) d’Andy Warhol et une superposition coca-colesque des plus pertinentes.
Attends, je pense tout haut. Karl Lagerfeld est en train d’incarner la réflexion d’Andy Warhol sur la société de consommation jusqu’à ses retranchements ultimes, à savoir, l’effacement de l’individu,  de sa singularité et de sa créativité au profit de la marque. Karl n’est plus depuis un moment un artiste ni un créateur mais est bel et bien devenu un label à part entière. Warhol, tout en en faisant le constat critique prenait part au système consumériste mais a su utiliser la force créatrice d’autres artistes (à la Factory, notamment), premier stade du capitalisme passant par l’exploitation d’autrui, tandis que Karl s’est transformé, en solo, en emblème (vide) de lui-même…

Lassant, sans doute, je ne comprends pas que d’autres marques aient l’espoir de voir leurs ventes se multiplier grâce à la citation creuse d’une appellation très contrôlée (Karl Lagerfeld) d’où la création s’est malheureusement depuis longtemps évaporée.