Se hausser du col
Coup de foudre violent pour la présentation printemps-été de Delfina Delettrez. Oui, je sais, vous allez me rétorquer que fatigue aidant les sens sont à nus (comme des fils électriques rongés par euh, une souris), que la petite enveloppe protégeant le cœur s’est toute délitée à force de champagne et de manque de sommeil, mais il n’en est presque rien.
De l’art du trompe l’œil décalage des emblèmes et interprétation ironique je suis une longue admiratrice (longue dans le temps). Delfina me comble. Invoquant l’ombre de Virginia Woolf tandis que j’en appelle à la pertinente et drôle Schiaparelli, la créatrice italienne (de bonne famille, descendante Fendi), décale cols masculins et manchettes viriles en nous livrant une collection précieuse, étrange, magnifique, pure et assez intellectuelle, tant mieux. On n’est pas des linottes, non plus.
Objets de passion raisonnée, modernes et nobles (argent, diamants, saphirs, émeraudes, citrines), Delfina Delettrez. Plaisir des yeux en attendant un miracle financier.

















Le 26 octobre 2011 - Dans No Way ou Yeeaaah ? (#235)