Istanbul rend maboul (Day 1 +++)
Ah, alors, je vous préviens tout de suite, qui dit Fashion Week à Istanbul dit rythme jetlagué de publication. Enfin, en gros, je ne peux faire autrement que de publier en fin de journée et non pas à l’aube. Pourquoi? Parce que nous avons un programme et des envies extensibles et denses, parce que le temps semble édicter ses propres règles depuis mon arrivée. Parce que c’est la tempête de neige, ici, à Istanbul. Neige qui comme dans un beau roman d’Orhan Pamuk plonge la mégalopole dans une tangible mélancolie et un incommensurable bordel.
Et puis pas de wifi en dehors de la salle de presse… Bref, du défilé j’ai vu, un ministre j’ai entendu, deux créatrices géniales j’ai rencontré, Francesca de Mademoiselle j’ai retrouvé, de l’embouteillage j’ai parcouru, du froid j’endure et je mange très bien.
Je vous reparle de tout ça tout de suite, d’abord je repars à un défilé. (Le principe: revenir jusqu’à demain soir sur cette même note qui devrait s’étoffer tandis que la fashion week bat son plein et que j’attrape 15 minutes de connexion.) Il fait une heure plus tard ici qu’à Paris. Les journalistes français ne ratent pas l’occasion de le souligner à leur interlocuteur au téléphone pour glisser habilement qu’ils sont à Istanbul, Byzance, come on babe, en mode « je te rappelle la semaine prochaine ».
19h17: je ne souffre vraiment vraiment pas. Tout ceci est passionnant. Comment la Turquie qui fourmille de créateurs (ayant fait leurs premières armes à l’étranger et reviennent tous au bercail) est bien décidée à prendre une place de choix sur la scène fashion, par exemple. Et pas seulement pour doper ses exports, pas seulement pour s’imposer au moyen et grand orient.
Là, j’attends le début du défilé TUBA-EZRA. On est placé depuis un moment parce que l’évènement est très couru par le monde mode stanbuliote.
19h29: ça va. J’ai décidé de zapper le diner après ce show et avant Arzu Kaprol, qui est la super star du prêt a porter ici. Ça commence.
Du cuir du cuir du cuir. Ah non, finalement juste deux passages en cuir. Les aléas du direct, hein.
20h: Un défilé moins intéressant que celui de Gizia, en début d’aprème. Cette dernière marque ayant appris son Mugler par cœur m’a régalé de tailleurs à basques et prothèses textiles dorsales de couleurs électriques. La domina futuriste a encore quelques jours radieux devant elle.
20h51: Ai sauvé ma peau à l’entrée du défilé Arzu Kaprol d’un genre d’émeute de créatures trés habillées, très maquillées et très parfumées, qui souhaitaient de toute évidence me marcher dessus pour me signifier qu’avec mon jean je ne mérite pas d’entrer.
Mon jean et moi on est bien installés, maintenant que j’ai assommé ces femmes avec mon regard censé plutôt pétrifier, à l’origine de la stratégie. Y a des filles avec de jolis foulards sur la tête et d’autres, c’est sûr, sans soutien-gorge du tout. Plein de garçons ont gardé leur bonnet, eux.
Chers amis, comme je vous le disais hier je suis à 23 minutes de mon départ pour Istanbul et son intense semaine de mode. Pour vous familiariser avec cette fashion week toute nouvelle et énergique (à l’instar du sursaut créatif et stylistique que connait la région), débutez par
New York, Londres, actuellement Milan et bientôt Paris, les Fashion Weeks de septembre sont à l’ordre du mois chez les blogueuses. Quand certaines expriment leur enchantement pour un défilé, d’autres pointent du doigt les fashion faux pas des starlettes en coulisses. Revue de web fashionweekisée avec les blogs qui ont su nous faire rire et voyager , et finalement, y en a pas tant que ça. Go !

Puis tout de même, je me souviens que c’est Jean-Paul Knott qui tient la barre créatrice de la maison. Et je zieute la collection automne hiver 2009/2010. Sobre et de bon ton, certes, mais tellement structurée, limpide et évidente que je bois mon petit lait. En attendant de pouvoir consulter les prix, ce qui est une autre paire de manche… (Je mets une option sur les robes en cuir, si 80′s, nouveaux objets de mes désirs).
Le 10 avril 2012 - Dans Bizarre love triangle