Hyères #2 : trip hallucinatoire
Au rayon expositions à la Villa Noailles (visibles jusqu’au 30 mai si vous passez à Hyères), on tape dans l’émotion forte, passant de l’onirisme au kitsch, de la montée sensuelle à la descente de trip, arrêt sur image, stop motion et choc hallucinatoire. Il y a le lieu, bien-sûr. Nous n’avons cessé de vanter la perfection décatie du bâtiment construit par Mallet-Stevens, investi façon art brut par une cabane foutraque perchée dans un arbre d’une des cours co-signée Jean-Paul Lespagnard et Ethan Hayes-Chute. Beauté du lieu, donc, qui sauve notamment une installation-rétrospective dédiée à Dries Van Noten, un peu décevante parce que trop éparse (visible à la Galerie des Galeries Lafayette en janvier 2011).

Arroseur arrosé à l'expo Walter Pfeiffer
Mais ce qui m’a scotché, cloué au sol, envahi et laissé ahurie sur la grève des sensations, c’est l’installation de Steven Klein. Pendant six minutes, 6000 images sont projetées (au propre comme au figuré, l’expérience est, euh, violente) en vidéo sur un mur de la villa soutenues par un tumulte musical assourdissant, envoûtant, transe… Les photos des séries défilent en stroboscope ménageant l’arythmie, créant l’apnée et servant les narrations décadentes, ensoufrées, esthétisantes, intenses de Steven Klein. Malheureusement, il était interdit de filmer le film, trop de stars y sont mises en scène…
Enfin, je m’attarde un instant sur un des court-métrages projeté dans la salle dédiée au film de mode et orchestrée par Diane Pernet. Bloc-Mode l’a retrouvé. Réalisé par Inez van Lamsweerde et Vinooth Matadin pour le défilé YSL homme Automne-Hiver 2009, ce film nous a beaucoup ému…

Le 26 octobre 2011 - Dans No Way ou Yeeaaah ? (#235)