Loin, loin des sabots monstrueux et dangereux pour la santé de la démarche, loin, loin des appâts des sandales arachnéennes de cuir brut qui envahissent notre imaginaire et notre dressing en attendant la pédicure, une dernière envie de bottines me titille. Disco mais pas trop, plus Stromboli que stromboscope, pluie fine de printemps sous soleil boréal, reflets d’arc en ciel dans une flaque de mazout, magma de poussière d’étoiles.
Volcan.
Il est temps de relire Malcolm Lowry en terrasse, jupette au vent et cigare aux lèvres, chaussée brillant, Etna, ça va?
Bottines glitter, 13$ 99 (ah, oui, ça motive, compter environ 5 $ supplémentaires pour les frais de livraison) chez Forver21.
Crédit photo: Forever21.
On connait (parfois) Opening Ceremony, la boutique arty-multi-marques américaine pour sa collaboration avec Chloé Sevigny. Au début de l’aventure, il fallait attendre une hypothétique apparition de la collection chez Colette et on en était a priori éreinté. But things change et la boutique livre désormais en France, ce qui nous éreinte tout autant a priori (mais pour d’autres raisons: notamment devant l’ampleur et la qualité de la liste de designers sélectionnés, ça sent les nuits blanches à rêver les yeux ouverts de tout acheter). Je note en passant chez la It-Chloé des creepers soldés, mais bon, vous n’êtes pas toutes (ni tous) très creepers, si je me souviens bien et à mon immense regret.
Ainsi, aaaaaaaah, le saviez-vous, Opening Ceremony a sa propre ligne au sein du magasin. Dont ces bottines un peu folk du talon et très petite marquise de tout le reste. Une petite marquise qui se serait perdue dans un champs de myosotis ou égarée à poser nue dans l’atelier d’un Turner. Oui, chacun ses songes, hein.
Bottines imprimées W2, 550 $ chez Opening Ceremony.
C’est amusant, Jennifer semble plongée dans les mêmes affres d’ennui et de neurasthénie que moi, pourtant je vous assure nous n’avons pas écouté Biolay ensemble. D’ailleurs si je suis aussi admiratrice de la qualité d’écriture du garçon, sa manière de chanter ne m’a jamais convaincue. Bref. C’est la caillante qui nous fait cet effet là. Chaque changement de saison voit une sorte d’hécatombe ponctuelle de l’enthousiasme. On s’accroche au sol, on noue ses lacets, on se donne un petit air de dandy début de siècle, ça ira mieux demain.
Rangers, Ciro Lendini, 98 € chez Yoox.
Crédit photo: Yoox.
Once upon a time you dressed so fine… Ce sont sur ces mots de conte triste que Bob Dylan débutait Like A Rolling Stone. Oui, pourquoi pas, moi, face à la simple beauté du soulier et puis beaucoup à cause du style, je pense Bob. (Intoxication enfantine). Bon, bah, pour les pavés et plus la plage, pour trottiner toute la journée et plus si affinités, je dis c’est parfait. Par ailleurs, je me prononce en faveur du collant plumetis noir rendant grâce aux mats et brillants, glacés et élastiqués du soulier. C’est plutôt nium, non?
Bottines gardunor, 149 € chez Yellow Mellow.
Crédit photo: Yellow Mellow.
Puisque le Bon Marché fête Paris/Los Angeles, notamment au travers d’installations et de mises en scène de Liz Goldwin (jusqu’au 12 octobre au Bon Marché Rive gauche, Paris) et que l’illustre, bourgeois et néanmoins ultra pointu magasin me met le nez sur ces souliers sophistiqués et poétiques du canadien Jérôme Rousseau, vois-tu, que pouvais-je faire?
L’alliance de couleurs sourdes et nuancées, relevée par un galon plat doré enchevêtré formant volute, gitane…Enlumine-moi encore.
Je suis heureuse de vous parler de ce nouveau venu qui hystérise d’ores et déjà les États Unis et vous présente en même temps toutes mes plus plates excuses pour la vente d’organes ou de bien familial que la rencontre avec le divin styliste risque d’entraîner. Et on ne devine que trop bien la suite. C’est pathétique à faire peur. Mais au moins serons nous extraordinairement chaussées dans l’adversité.
Sandales (?) Nebula, Jérôme Rousseau, 675 € chez TreesLBM.
Crédit photo: Le Bon Marché.
Bon, au risque de me faire alpaguer parce que parlant encore à contre courant d’items hors-saison, vous reconnaitrez que la nouvelle est plus que réjouissante. On l’a dévalisé au Monop’, on l’adore depuis que notre chemin a croisé celui de ses chaussures, robes et autres merveilles, j’ai nommé Erotokritos… Déjà, je vous sens fébrile. Sachez que dès août nous nous jetterons sur la collection capsule dessinée par le maestro pour André. Et ouaih, il s’agit de pièces miraculeuses d’hiver et malgré l’aspect rabat joie à énoncer la saison glacée, mon cœur est en fête, c’est la liesse. Je sais que mon été sera une sorte de salle d’attente de l’eden retrouvé. Dans ce goût là, avec du surf en plus, ce qui ne gâche rien.
Derbies Kasia, 129 € et boots Felice 189 €, entre autres délices (escarpins, salomé et sac) chez André.
Crédit photo: André.
À l’heure où la jambe se fait lourde, où la douche se fait tri-quotidienne et où seule la sandale a droit de cité, c’est ça, je vous parle aujourd’hui de la low boot de la rentrée. La rentrée. Nous ne sommes même pas encore parti(e)s. Toujours est-il qu’après avoir revêtu du corail et du turquoise tout l’été, balnéothérapie de saison oblige, l’automne nous verra de violet habillée. Et même maquillée, mais ça, c’est à réfléchir une fois débronzée, ne vendons pas la charrue avant les ours. Pour se faire à l’idée, je propose un début prometteur dans la couleur, par les pieds. Parfaitement adapté à la jambe de noir gainée, lorsque de nouveau, on ne se plaindra plus de la chaleur tonitruante mais du froid assourdissant, revenu.
Low boots Odette, nubuck noir ou violet, 100 €, Rocket Dog. N° lecteur 09 71 20 91 71.
Crédit photo: Rocket Dog.
Oui, en ce moment, t’as remarqué, mon regard ne s’attache qu’aux grandes enseignes de la whole world fashion, big brother du prêt-à-porter. (Exception faite d’1.2.3. qui reste très local, je te l’accorde, sans déconner). Si Zara n’était pas, Marni serait un peu plus riche, moi un peu plus ruinée et mon sacré placard aussi maigre qu’une vache en pleine disette. Pour preuve ces sandales-bottines-cut out qui cumulent les mandats, note tout ça: le zip côté, la semelle en biseau et patin de bois, le talon recouvert du même nubuck (jaune, jaune, jaune ou noir)… C’est bon, en ce qui me concerne, c’est vendu. D’où, pas toi? Sandales Zara, environ 90 €.
Crédit photo: Zara.
On m’a connue hostile et vindicative en ce qui concerne les bottines plates. C’est que tu ne connais pas mes mollets. C’est pourquoi tu as pensé que j’étais méchante, alors que je cherche à m’élever sans fin, loin du ras des pâquerettes. Depuis, j’ai découvert à mon tour que la meilleure façon de marcher, c’est encore la vôtre: mettre un pied l’un devant l’autre et recommencer, sans talon haut. Parfois. Ces bottines plates sont en outre suffisamment fines pour me faire passer le cap, collants et robe au vent, dans un bon souffle folk des villes, 39 € 90 chez Bata.

Si la neige fait son grand come-back en 2009, porter des chaussures en fourrure n’est peut-être l’idée la plus sotte de l’année. Demain, ces chaudes bottines à l’esprit russe partiront sans nul doute plus vite que prévu au premier jour des soldes chez Paul & Joe Sister. Si l’on ajoute une chapka noire et du khôl sur les yeux, je prédis de jolies rencontres en soirée…
Credit photo : Paul & Joe Sister
Le 29 juillet 2010 - Dans L’arme du crime