Macadam boys and girls

© Bureau Mathieu Lehanneur
Les 13/16 ans « cette espèce instable » (dixit Mathieu Lehanneur, architecte scénographe de l’espace) n’ont jusqu’alors jamais eu de lieu dédié au sein du musée. Et je ne parle pas que de Paris, ni par ethnocentrisme de la France, mais la difficulté à aborder et définir sans dégoûter ni repousser, ni subir les quolibets de cette marge de la population que constitue le teenager a toujours découragé les plus grands lieux de l’art jusque là. C’est Beaubourg qui s’y colle avec le studio 13/16. Je dis juste chapeau bas, même si j’attends l’application au quotidien d’un si bel idéal: emmener le djeune à la culture, une culture ouverte, une culture vivace: l’art…

Habile montage représentant la configuration du speech d'ouverture de l'espace: à gauche la MJC Torcy, au centre notre ministre, à droite l'autre ministre de la culture (forever?) et le président du centre pompidou, Alain Seban
L’ado-qui-es-tu? Seras-tu séduit par ce nouvel espace que l’on offre à ta génération, sans obligation de participation (parce que rien de pire que la lecture obligatoire liée au programme, parce que rien de pire que d’être traîné là via la classe). Comme Lilian Thuram, parrain de l’initiative (avec sa fondation), j’espère que oui.

Lilian seule vraie star pour les ados de Torcy
Lilian, sans être irrespectueuse pour les autres acteurs de la conférence de presse, Lilian fût le plus pertinent et sincère défenseur du projet. Un ancien footballeur qui dit: « pourquoi veut-on toujours construire davantage de stades et de terrains de sport en banlieue alors que ce qui manque à ces jeunes, c’est l’accès à la culture », pour moi, c’est plié, ça a fait ma journée, bonheur. D’ailleurs les quelques « vrais » ados invités à l’inauguration (ouais la MJC Torcy en force!) ne s’y sont pas trompés et vénèrent et abordent et sont fiers d’avoir un tel représentant.

Graffiti analysis by Evan Roth
Quant aux workshops, expositions et animations proposées sur l’espace, notons la présence des copines du Collectif France Tricot et leurs signalétiques qui m’aillent mais surtout la volonté de susciter l’élan créatif chez nos chères têtes, euh, blondes (?) et acnéiques de redécouvrir la ville, le langage artistique via expérience musicale, 3D avec lunettes, interactivité sonore et lumineuse, hypnose visuelle (c’est une image)… C’est bath (quoi, serais-je ringarde?).
Du 11 septembre au 18 décembre, le Studio 13/16 accueille Macadam, une exposition sur le thème de la ville. Avec Jean Faucheur, Florent Lamouroux, Elsa Mazeau, Benjamin Sabatier et Pierre Vanni. Macadam offre également des workshops menés par des artistes. Au programme : la ville comme vous ne l’avez jamais vue ! Le Studio 13/16 est ouvert gratuitement et sans réservation. Rendez-vous les mercredis, samedis, dimanches de 15h à 19h, tous les jours pendant les vacances de Toussaint et certains jeudis soir de 18h à 20h. Centre Pompidou, Paris .
PS: Cet artiste, là, Nicolas Simarik, offre un horoscope sur le site du studio. Il ne se prendrait pas un peu pour un capricorne, lui. Oh. Oh. Oh. Je t’envoie la brigade des étoiles, moi et ce sera la guerre (#starwar).
À Beaubourg s’ouvrait hier soir l’exposition Elles @ centrepompidou… Se targuant d’un titre, que je trouve assez à côté de la plaque, le musée propose une gigantesque présentation d’œuvres exclusivement féminines (réalisées par des femmes). Des collections modernes aux salles ultra contemporaines de la fin (où la question du genre ne semble pas toujours devoir être évoquée), c’est une histoire de l’art des femmes que nous traversons (compter au moins 2 heures, on ne traverse pas le siècle en 3 secondes). Amusant, hier soir au vernissage, de croiser toutes ces femmes brushées, en robe de soirée et étole, talons hauts et maquillage de gala (Yves Rocher est mécène de l’événement) + Miss France! confrontées dans certaines salles aux critiques militantes et violentes concernant l’image mâle de la belle femme et le joug masculin de la représentation. Comme une antithèse en direct, du cliché sur pattes 2009 face à la revendication libre, mmh, d’il y a parfois plus de trente ans. Bin oui, ça prend du temps et surtout ne lâchez rien.
Le 7 février 2012 - Dans Body and Soul (#carte cadeau)