Revue de web n°4 : La bande à bannières !
Doit-on toujours se fier aux apparences ? Se méfier des contrefaçons ? Pousser la cruche dans l’eau ? Ce sont les questions que nous nous sommes posées cette semaine pour cette nouvelle revue de web.
On avait l’embarras du choix pour cette étude des bannières de la blogosphère et, telles des apprenties Marie Haddou (célèbre psychologue de l’émission Loft Story), nous avons essayé, avec un courage hors du commun, de décrypter les messages subliminaux envoyés par les multitudes de vignettes, souvent convenues, s’accumulant au top des toiles de fond.
La majeure partie est à mettre en berne, c’est vrai, mais c’est toujours l’éternel débat du fond/de la forme/tout ça…
Alors vous allez me dire, oui, bon, Monsieur Lâm a déjà parlé du header féminin bien avant vous, bande de truites ! Attends, mais rien à voir, quoi !
Nombreuses sont les blogueuses mode qui s’affichent sur leur bannière, souvent persuadées d’être canons, elles prennent une pose nonchalante avec moue boudeuse à la Lou Doillon. Comment leur dire que leur narcissime atteint le risible neuf fois sur dix ? Une des rares qu’on aime regarder sur notre écran: Rumi du blog Fashion Toast . Allongée sur un tronc d’arbre, la lumière douce d’une fin de journée estivale, la belle californienne s’inscrit en icône lascive, le ton est donné : ici, la femme est belle, décomplexée et cool. Rumi, tu dégommes toutes nos blogueuses hexagonales, go on !

Parfois, la bannière est étonnamment pourrie, rapport à la popularité de l’auteur. C’est le cas de MarieluvPink. Si tu ne sais pas à l’avance qui elle est (reine des bons plans shopping), t’as toutes les chances de fermer son onglet en une nano-seconde. Sur un fond imprimé léopard synthétique tout droit sorti d’un sex shop de Pigalle, Marie dresse une police cheapos et un rose nauséeux pour un sous-titre digne d’un créatif officiant chez La Halle ou Pimkie : « Le blog 50% pink/ 50% bons plans. » Crise d’épilepsie possible pour toi, idem pour ta CB par la suite. Bannière à chier, blog utile. On peut pas tout avoir, hein.

Pour rester dans l’esprit, allons donc faire un petit tour (et puis s’en vont) au pays de la classe et de l’élégance ; chez choukrounette, quoi. Avouez que déjà, le titre est engageant, mais vous n’avez encore rien vu !La demoiselle aime jouer avec son image : qui de perruques de trav’, qui de customisations wharoliennes, qui encore de grimaces ensorcelantes, yeahhh…it’s sucks ! De toute façon, choukrounette elle s’en fout, elle nous emmerde tous puisque avec une copine affublée d’une doudoune jaune poussin, elles nous font des gros doigts inside the bannière.
Ok on s’arrache, on va s’acheter des platform shoes aux Halles, tiens !

Au rayon de la poésie trainée sur le sol alors qu’elle vit encore et de la délicatesse poilue (si, si, effets de matière incontournables, et ces couleurs, Dieu !), on ne peut que rester stupide devant les intentions visuelles des fées et de leurs cils. Non, parce que sans trahir l’anonymat collectif qui nous étreint le vendredi à l’heure de la revue de Web, y’en a (au moins trois) chez BeSnob qui savent lire les images…
Qu’analyse-t-on ici-bas au royaume des capillaires féériques ? Que Clochette et Mélusine sont des filles comme les autres, un peu plus goths et plus mal sapées peut-être, mais s’arrogeant les symboles ô combien néo machos d’une certaine idée de la femme contemporaine. Ragots, alcoolisme, dépenses inconsidérées et maquillage de voiture volée seraient le quotidien de ces bonnes âmes fantastiquement déprimantes. Le conte est bon.

Ici, une blonde semble chroniquer, si on se fie aux apparences non trompeuses. Que dire de cette bannière gigantesque qui remplit mon écran 23 » aux 7/8ème de ses capacités ?
Ego démesuré ? Peur du vide ? Panique on Photoshop ?
Tout ce que je sais c’est que dorénavant, pour être smart, je dois prendre la ligne 4 du métro pour me rendre dans le 7ème. Quand, malheureusement, les syndicats pousseront à la grève des transports, j’enfourcherais un Velib’, mes sandales vertes chevillées au corps. Désolée, je n’ai pas trouvé la référence pour le temps des cerises…
Un petit macaron pour faire passer tout ça ? Trop tard vous avez déjà vomi…
Allons, cessons là les quolibets puisque des artistes, des vraies, ça existe sur la blogofille.

Illustrations de bon goût, travaillées et plutôt réussies chez Mzelle Fraise qui donne le La dès le sommet de son paradis poudré.
Une bannière sobre et chic où la rouquine représentée, propice à l’onirisme, nous transporte dans les années folles, fourrure sur le coeur et mascara aguicheur. Quid des oisillons couleur potiron ? Vous demanderez à Tippi Hedren.

Bannière 10/10 : Boudoir Mode. Une photographie légère, colorée sans être agressive, aussi agréable à voir qu’une paire d’escarpins Chanel vintage sur du parquet. Les ingrédients du succès : une paire de jambes en legging American Apparel, des sneakers, du bon basique de dressing sans bling-bling bourratif, un dock d’iPod design, une touche comics et les pieds qui ne touchent pas terre, nous on adore. Ouais, c’est méga important de le savoir.

Ah, qu’il est chic de boire le thé chez Coco. Si à première vue, on peut bien penser que la belle (?) anglophone ne s’est pas foulée, on ne peut que saluer la cohérence de l’idée, peu après. Bin, oui, son truc à elle c’est le décorticage de magazine, hop, un photographe de mode célèbre, une jolie pépée couronnée façon punk d’un slogan trempé dans l’acier et emballé c’est bien pesé. Graphique et tellement éloigné de l’ego trip si souvent croisé dans la blogo, pour cette bannière, je baisse mon chapeau.

Face (ou derrière, c’est selon) au paravent suédois et à son imposteur, je me lève de mon siège et crie BIG UP ! Un monde raffiné comme un tabloïd désuet où le gossip léger ressemble à un roman photo où tout se finira bien forcément à la fin, s’ouvre à nous.
Un seul désir nous taraude : feuilleter les trouvailles du blog en bonne compagnie du jeune premier ténébreux, de la sotte mais si sympa fille de la maison et des beaux parents toujours prêts à trinquer au bonheur de la vie. Et à ses absurdités. Cheers. Comment ça, je suis hors sujet ?

Le 7 février 2012 - Dans Body and Soul (#carte cadeau)