art

8 commentaires Marie Ecrit sous acide par Marie
Le 23 novembre 2011

Tout est vanité

The Brown Sisters (#1), Nicholas Nixon

The Brown Sisters (#1), Nicholas Nixon

Sensible depuis, oh, bien longtemps (le temps, il en est beaucoup question ici) aux cabinets de curiosités de la Renaissance, ces pièces et même parfois ces meubles exposant de manière scientifique et esthétique les merveilles précieuses de la nature (morte), collections mélancoliques et rares, j’ai adoré la nouvelle exposition de la Maison Rouge.

The Brown Sisters, Nicholas Nixon photographie chaque année sa femme et ses sœurs, depuis plus de trente ans.

The Brown Sisters, Nicholas Nixon photographie chaque année sa femme et ses sœurs, depuis plus de trente ans.

Nicholas Nixon, dernier cliché exposé de la série The Brown Sisters

Nicholas Nixon, dernier cliché exposé de la série The Brown Sisters

« Mémoires du Futur » rassemble une partie de la collection de Thomas Olbricht, médecin endocrinologue et allemand (néanmoins, épousez-moi, monsieur), et parcourt 500 ans d’art. Rien que ça, oui. Il vous l’explique à merveille dans cette vidéo, mais en résumé, l’avisé collectionneur fait l’acquisition de ses œuvres par similitude de thématiques, association visuelle et formelle, quand les anciens n’inspirent pas directement le contemporain, plutôt que par mouvements chronologiques. De la Renaissance à l’hyper contemporain, ces œuvres réunies et mises en regard par Thomas Olbricht tissent des liens puissants et bouleversants. Puisque « nous allons de l’avant, mais ne pouvons progresser qu’en gardant en tête le passé« .

Vanité contemporaine: Cindy Sherman, untitled #464

Vanité contemporaine: Cindy Sherman, untitled #464

Le corps féminin, les artifices masquant les assauts du temps: Turkish Delight d'Olaf Metzgel et Irène de Frantz Gertsch

Le corps féminin, les artifices masquant les assauts du temps: Turkish Delight d'Olaf Metzgel et Irène de Frantz Gertsch

cache

Parmi les thématiques fortes qui lient les pièces exposées les unes aux autres au travers des siècles, la mort et notre finitude y ont une place maitresse. Memento mori (souviens-toi que tu mourras), décrépitude du vivant, altération grotesque, vanité des plaisirs et des savoirs (mais aussi carpe diem), poids de la mémoire, étendent leur influence au corps, à la religion, à la violence, à l’amour.

Objets merveilleux d'un cabinet de curiosités de la Renaissance

Objets merveilleux d'un cabinet de curiosités de la Renaissance

Côtoyant un écorché en perles de verre, œuvre de Liza Lou datant des années 1990

Côtoyant un écorché en perles de verre, œuvre de Liza Lou datant des années 1990

cache

Vanité flamande du XVIIe siècle

Vanité flamande du XVIIe siècle

Mat Collishaw, dernier repas des condamnés à mort de prisons américaines

Mat Collishaw, dernier repas des condamnés à mort de prisons américaines

cache

Crâne contemporain, sans espoir de résurrection, René Wirhts

Crâne contemporain, sans espoir de résurrection, René Wirhts

Collection de crânes modernes et anciens devant La Céne vue par David LaChapelle

Collection de crânes modernes et anciens devant La Céne vue par David LaChapelle

cache

Froid et clinique, un crâne peint par Damien Hirst

Froid et clinique, un crâne peint par Damien Hirst

Cette exposition est exceptionnellement riche, touchante, frappante, source de réflexion, belle… Je ne sais que dire de plus pour vous inciter à aller la voir (et la revoir)… Ou si: on n’a qu’une vie et la maison Rouge vous offre deux entrées.
Laissez-nous un commentaire jusqu’à lundi, pour les remporter.

mémoires du futur
la collection olbricht
commissaire : Wolfgang Schoppmann
à la maison rouge du 22 octobre 2011 au 15 janvier 2012

(La maison Rouge n’utilise jamais de majuscules, ça me trouble beaucoup, mais je respecte).

Bonjour! La gagnante est Flore, la plus rapide est cette fois récompensée. Belle expo à toi!

1 commentaire Marie Ecrit sous acide par Marie
Le 28 juillet 2011

Mon pays c’est l’hiver

Diorama de Marcel Dzama, On the banks of the Red River

Diorama de Marcel Dzama, On the banks of the Red River

Un climat mêlant rudesse épique des hivers, tempêtes et inondations boueuses, un animisme né des amer(s)- indiens, the natives, premiers habitants laissés au bord de la route, des épisodes de communication intense avec des fantômes, un ennui froid, la bizarrerie de l’isolement, de la nostalgie, du sexe, de la fausse naïveté et beaucoup beaucoup d’humour: voilà ce qui pourrait tout à la fois décrire Winnipeg, la capitale canadienne du Manitoba et expliquer la singulière profusion artistique du cru.

Jon Pylypchuk, In a year or so I will forgive your crippled eye and all/ Dans un an peut-être je te pardonnerais espèce de borgne et tout, 2006

Jon Pylypchuk, In a year or so I will forgive your crippled eye and all/ Dans un an peut-être je te pardonnerais espèce de borgne et tout, 2006

L’expression de l’esprit de résistance, de subversion, de conscience historique et politique qui anime, parfois collectivement, ces artistes canadiens, use d’une grande diversité de formes: dioramas (ces mise-en-scène de carton pâte des musées d’histoire naturelle), statues de céramique, photographies mêlant vrais décors et fausse nature, films de fiction mais documentaire, dessins, toiles… À plusieurs mains, se répondant ou ultra intimes, les œuvres présentées ici questionnent avec violence et drôlerie le fil du temps (qui passe, qui sera, qui fût, réécrit, inventé, fantasmé, moqué).

Hauntings, Guy Maddin. Ou comment rejouer et re-tourner les films mythiques et perdus.

Hauntings, Guy Maddin. Ou comment rejouer et re-tourner les films mythiques et perdus.

Découvrez cette vision de leur ville, particulière sous la couche de neige, des artistes hyperactifs lyriques ou low-fi (on se gausse, on se choque, on s’attriste, on s’émeut) à la Maison Rouge qui ouvre avec My Winnipeg une série d’expositions autour de capitales artistiques (parfois très méconnues). La Maison Rouge vous offre deux places pour visiter cette riche exposition (laissez-moi un commentaire afin de gagner vos entrées jusqu’à lundi soir).

My Winnipeg
23 juin – 25 septembre 2011
la maison rouge
10 boulevard de la bastille
f – 75012 paris
tel. +33(0) 1 40 01 08 81

Publicit
9 commentaires Marie Ecrit sous acide par Marie
Le 30 juin 2011

Parenthèse enchantée

dej1Il y a trop longtemps déjà, j’ai passé un weekend merveilleux. C’était il y a un mois, sous le soleil exactement et il m’aura fallu ce temps pour me retourner vers ces deux jours sans nostalgie déchirante. Sensible, oui. Surtout lorsque la pluie tombait à verses mais l’on oublie tellement vite et le souvenir radieux d’une piscine immense et de collections (d’art) pointues me remuent ces jours-ci force 10 en pleine canicule et pollution visuelle.

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C’était dans les Corbières, en Languedoc Roussillon. Alors oui, tu connais toujours plus ou moins une ville dans ces contrées-là, traversée, on ne sait plus pour quelle raison vacancière, mais la région, son paysage, ses mets, son vin, ses endroits d’abandon méditatif, festif et son musée, presque incongru, une surprise, ça non, moi je n’en avais aucune idée.
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Tu aimes bien quand je la fais courte, mais là, je ne vois pas comment.
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À peine arrivés, les agapes au soleil débutaient: rosé, grillades et ivresse du vrai premier rayon dans la face. Puis, nous partions à la découverte du Musée d’art régional de Languedoc Roussillon, sis à Sérignan. Sérignan, pour rappel: 7000 habitants. Voiturée par mademoiselle le conservateur, je n’avais pas osé exprimer mes craintes. Un bled? De l’art contemporain? Des artistes locaux? Non mais, qu’est-ce qu’on est con parfois quand on est parisien… La claque.ser6
En fin de compte, nous plongeons au sein d’un musée de 2500 m2, aux collections contemporaines subtiles, aux expos orchestrées avec pertinence et singularité, baignées de la lumière pop des vitraux de Buren. Un endroit hallucinant de questions visuelles et de calme introspectif. L’expo que vous devez aller voir cet été a pour thème « l’amour à la plage » bahou bahou, décalage dans les yeux et la tête, certes, comme on les adore.ser5
Le soleil tapait encore comme un malade mental que nous enchainions sur notre lieu de villégiature parfait. Une résidence « locative », en fait un ensemble de mas de différentes tailles, décorés avec goût, s’organisant autour d’une piscine (de folie), proposant des soins (de folie) dans un agréable spa, en pleine nature ou presque. Il s’agit des Jardins de Saint-Benoit que je recommande à quiconque veut hurler « vacances j’oublie tout » ou s’offrir une escapade délassante (à base de massages et de vin de Corbières).set3ser4

1 commentaire Marie Ecrit sous acide par Marie
Le 22 décembre 2010

Artea times

MR-RB Tandis que peu ou prou tout se calme et chacun se dirige vers cette période-parenthèse des confiseurs, laissez-moi vous appâter et étirer le temps avec deux salons de thé parisiens résolument différents (dans le sens d’anormal et ainsi de rare). 1/ Vous le savez j’ai une affection particulière pour la Maison Rouge, fondation Antoine de Galbert. Ok, c’est à deux enjambées de ma maison à moi, mais surtout l’éclectisme de ce qui y est présenté me ravit sans trêve, stimule mon cerveau et mes yeux, d’une pierre deux coups. Afin de mêler le bon au beau, Rose Bakery (bien connu des parisiens amateurs de scones) s’installe au café de la singulière fondation, dans un espace dont la mise en scène est renouvelée à chaque saison, en pertinence avec les expositions présentées par ailleurs. Boudoir intimiste au sein des collections contemporaines les plus pointues, cet endroit a toutes ses chances pour devenir un lieu de rendez-vous et romantique et intello (ce qui est très excitant, avouez-le enfin). Du mercredi au dimanche de 11h à 19h, brunch le week-end et early dinner le jeudi (dernière commande à 20h). Rose Bakery à la Maison Rouge, 10 boulevard de la bastille, 75012 Paris.

Horror Picture Tea (crédit photo: Margot Cirou)

Horror Picture Tea (crédit photo: Margot Cirou)

2/Avez-vous jamais rêvé de vous faire tatouer tout en dégustant des pâtisseries délicieuses et sirotant du thé? Moi non plus. C’est pourtant le projet déployé au tout nouveau Horror Picture Tea par le très jeune chef Guillaume Sanchez aux allures de bad bad mod’s, convoquant au sous sol deux tatoueurs aux allures de nice nice rockers. J’y ai mangé une religieuse au citron et au thym ouvrant la période du trop d’agapes avec fracas (aucun sucre ajouté, nous garantit Guillaume). Mais ne me suis pas faite tatouer. Ce n’est pas que cela ne me tente pas, mais contrairement à ces tout-juste-sortis-de-l’adolescence, je suis prompte à projeter et imaginer mon potentiel tatoo dans vingt ans et bof. Bref, show case et expos sont au programme de ce salon unique où la play list réjouit les oreilles (The Cure, The Smiths, Sonic Youth, sainte trinité) et vous pouvez juste y prendre le thé, hein. Formule Tatoo Horror Picture Tea : 1 tatouage fait, une pâtisserie et un thé offert. Tatouage : Base de 60 euros, 120 euros de l’heure. Sur RDV au 06 61 25 75 08. Horror Picture Tea, 95, rue Saint Honoré, 75001 Paris. Du Mardi au Samedi : 14h30 – 19h. Du Jeudi au Samedi : 14h30 – 19h /19h30 – 02h.

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Le 22 septembre 2010

Macadam boys and girls

© Bureau Mathieu Lehanneur

© Bureau Mathieu Lehanneur

Les 13/16 ans « cette espèce instable » (dixit Mathieu Lehanneur, architecte scénographe de l’espace) n’ont jusqu’alors jamais eu de lieu dédié au sein du musée. Et je ne parle pas que de Paris, ni par ethnocentrisme de la France, mais la difficulté à aborder et définir sans dégoûter ni repousser, ni subir les quolibets de cette marge de la population que constitue le teenager a toujours découragé les plus grands lieux de l’art jusque là. C’est Beaubourg qui s’y colle avec le studio 13/16. Je dis juste chapeau bas, même si j’attends l’application au quotidien d’un si bel idéal: emmener le djeune à la culture, une culture ouverte, une culture vivace: l’art…

Habile montage représentant la configuration du speech d'ouverture de l'espace: à gauche la MJC Torcy, au centre notre ministre, à droite l'autre ministre de la culture (forever?) et le président du centre pompidou, Alain Seban

Habile montage représentant la configuration du speech d'ouverture de l'espace: à gauche la MJC Torcy, au centre notre ministre, à droite l'autre ministre de la culture (forever?) et le président du centre pompidou, Alain Seban

L’ado-qui-es-tu? Seras-tu séduit par ce nouvel espace que l’on offre à ta génération, sans obligation de participation (parce que rien de pire que la lecture obligatoire liée au programme, parce que rien de pire que d’être traîné là via la classe). Comme Lilian Thuram, parrain de l’initiative (avec sa fondation), j’espère que oui.

Lilian seule vraie star pour les ados de Torcy

Lilian seule vraie star pour les ados de Torcy

Lilian, sans être irrespectueuse pour les autres acteurs de la conférence de presse, Lilian fût le plus pertinent et sincère défenseur du projet. Un ancien footballeur qui dit: « pourquoi veut-on toujours construire davantage de stades et de terrains de sport en banlieue alors que ce qui manque à ces jeunes, c’est l’accès à la culture », pour moi, c’est plié, ça a fait ma journée, bonheur. D’ailleurs les quelques « vrais » ados invités à l’inauguration (ouais la MJC Torcy en force!) ne s’y sont pas trompés et vénèrent et abordent et sont fiers d’avoir un tel représentant.

Graffiti analysis by Evan Roth

Graffiti analysis by Evan Roth

Quant aux workshops, expositions et animations proposées sur l’espace, notons la présence des copines du Collectif France Tricot et leurs signalétiques qui m’aillent mais surtout la volonté de susciter l’élan créatif chez nos chères têtes, euh, blondes (?) et acnéiques de redécouvrir la ville, le langage artistique via expérience musicale, 3D avec lunettes, interactivité sonore et lumineuse, hypnose visuelle (c’est une image)… C’est bath (quoi, serais-je ringarde?).
Du 11 septembre au 18 décembre, le Studio 13/16 accueille Macadam, une exposition sur le thème de la ville. Avec Jean Faucheur, Florent Lamouroux, Elsa Mazeau, Benjamin Sabatier et Pierre Vanni. Macadam offre également des workshops menés par des artistes. Au programme : la ville comme vous ne l’avez jamais vue ! Le Studio 13/16 est ouvert gratuitement et sans réservation. Rendez-vous les mercredis, samedis, dimanches de 15h à 19h, tous les jours pendant les vacances de Toussaint et certains jeudis soir de 18h à 20h. Centre Pompidou, Paris .

PS: Cet artiste, là, Nicolas Simarik, offre un horoscope sur le site du studio. Il ne se prendrait pas un peu pour un capricorne, lui. Oh. Oh. Oh. Je t’envoie la brigade des étoiles, moi et ce sera la guerre (#starwar).

4 commentaires Marie Ecrit sous acide par Marie
Le 11 novembre 2009

Les choses

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pieces-importantesOu pour ceux qui ignorent Perec (comme disait une amie d’antan : « quelle chance, tu vas pouvoir découvrir »), des livres et nous. Ainsi, ce récit-album comme j’aurais rêvé le faire, collectionnant les objets d’un couple de leur rencontre à leur fin annoncée, au travers d’une note de restaurant, à la première brosse à dent laissée chez l’autre, puis la garde de robe, les bibelots achetés en commun. Bref au travers d’objets clefs et de vêtements et de papiers et de bijoux, souvent dérisoires, catalogue du quotidien, le parcours d’une relation, un peu clinique (parce que l’on met à distance ce qui nous touche, pour notre bien, croit-on), un peu cynique, drôle et touchant, je vous le vends. Un livre où chacune se reconnaitra, poétiquement. Ça fait du bien, joliment et l’air de rien pose la question du matérialisme dans nos relations, aussi… Puisque à chaque item est associé un prix, prix d’une vente aux enchères d’un temps qui fût cher, on brade le bonheur, haha. Passons à la suite.

Recommandé pour jour férié. Pièces importantes et effets personnels de la collection Lenore Doolan et Harold Morris, comprenant livres, prêt-à-porter et bijoux/ Samedi 14 février 2009, New York, 18 €, Éditions de l’Olivier.