Rendons à Vicente… (Estrella Archs)

Cette fashion week parisienne fût pas mal influencée par la danse. Bianca Li signait une chorégraphie de groupe d’où les mannequins futuristes émergeaient comme des robots gracieux chez Moncler Gamme Rouge et chez Chloé, c’est toute la collection qui faisait référence aux ballerines et autres douces étoiles parées de voiles drapés aux nuances cosmétiques.

Estrella Archs, quant à elle, fit appel aux danseuses du Ballet Royal de Londres et cela n’avait rien d’une pose, ni d’un effet prompt à nous faire oublier les modèles au profit de la mise en scène. Les danseuses ont su précisément y dévoiler dans le mouvement la richesse de pans de couleurs cachés dans la doublure des plissés et révéler l’ampleur cinégénique de robes mi-poncho parfois bustier bien empourprées.

Mouvements et corps musclés de danseuses au visage concentré, souriant, dramatique (on s’éclate plus qu’avec les mannequines sans âme que l’on a vues de temps en temps passer en zombie sur les catwalk parisiens) m’ont sincèrement convaincu et aidé à adorer une collection vers laquelle j’étais venue sans passion…
Il est temps de rendre à Vicente son titre de gloire. Mate les souliers. Un talon situé à la naissance de la cambrure nous donne l’illusion que les aériennes danseuses se meuvent sur les pointes en permanence. Chaussures en apesanteur, jouant sur les faux semblants et le déséquilibre, bah quoi, ma cup of tea est signée Vicente Rey. Un homme à suivre.
Crédits photos: L’Appart PR
Perspectives pour la semaine du 11 au 17 octobre 2010: Vous savez quoi? Rien. Si, tout de même, à peine remise de cette fashion week parisienne, je repars jeudi pour Porto et ses fashion days. Les prédictions cette semaine s’orientent vers la
Coup de foudre violent pour la présentation printemps-été de Delfina Delettrez. Oui, je sais, vous allez me rétorquer que fatigue aidant les sens sont à nus (comme des fils électriques rongés par euh, une souris), que la petite enveloppe protégeant le cœur s’est toute délitée à force de champagne et de manque de sommeil, mais il n’en est
De l’art du trompe l’œil décalage des emblèmes et interprétation ironique je suis une longue admiratrice (longue dans le temps). Delfina me comble. Invoquant l’ombre de Virginia Woolf tandis que j’en appelle à la pertinente et drôle Schiaparelli, la créatrice italienne (de bonne famille, descendante Fendi), décale cols masculins et manchettes viriles en nous livrant une collection précieuse, étrange, magnifique, pure et assez intellectuelle, tant mieux. On n’est pas des linottes, non plus.
Objets de passion raisonnée, modernes et nobles (argent, diamants, saphirs, émeraudes, citrines),
Les amis, je l’ignorais et le découvre à l’orée de ce dernier jour de fashion week parisienne: les rédactrices mode ne dorment donc jamais, les modeux se limitent à 2 heures par ci et micro sieste par là. Et moi, au bout du rouleau de cette semaine, je suis l’ombre du fantôme de moi-même. Enchainer les défilés et autres présentations dans la journée, puis plonger dans les multiples fêtes de maisons et de marques la nuit (vraiment nombreuses cette saison, les fêtes, pas les nuits, normales les nuits, 8, quoi, une semaine de nuits), essayer de caser du travail quand tu as une misérable heure entière devant toi et un shampoing aussi, est proportionnellement aussi épuisant qu’excitant (10 sur une échelle de dix). Comme qui dirait: « on n’a pas une vie facile« . Comme cela devrait probablement (mais ce n’est pas certain) se calmer à partir de demain, je vais tâcher bien-sûr de tout vous raconter, montrer, synthétiser, enjoliver, euh, à partir de demain, merci.




Mais pour la route: un petit tour en image de la délicieuse collection printemps/été 2011 


Vous aimez la mode, la faites vivre, les Galeries Lafayettes vous donnent l’occasion de le prouver en organisant le plus grand défilé du monde dont les mannequins vedettes ne sont autres que vous. « La mode c’est vous » est un événement pour le mois gigantesque qui se déroulera à la rentrée en marge de la fashion week : un défilé de 45 minutes et vous sur le catwalk avec vos looks, vos gueules, vos dégaines, votre style en un mot.


Autre « rapport » sur la fashion week d’Istanbul, à rebours (et à la bourre)… Au cours du défilé dédié aux jeunes créateurs, j’ai découvert
Détails origami, plissés à la Frank Gehry, strates et volumes de boucles, basques et faux culs viennent agrémenter dans une belle proportion des silhouettes conçues au cordeau, quand je vous parle du savoir-faire turc, hein! Inspirée de la tragique histoire de Bergen, chanteuse turque défigurée à l’acide par son mari jaloux, la collection joue sur l’idée de prothèse (à l’instar de la mèche de cheveux de la star, camouflant l’horrible brûlure) et revendique la défense de la liberté de la femme. Qui a dit pays moderne? Cette collection se nomme de fait Protez-Sto (prothèse/protesto).
Bel(le) et bien de retour de mon trip stanbouliote, je n’en ai pas pour autant fini mon rapport. Celles et ceux qui ont suivi, se questionneront sur ce saut du 3ème jour au 5ème, pas d’impatience, demain la navette spatio-temporelle reviendra sur le 4ème jour et la boucle sera bouclée. Mais en ce mardi
Dans un tout autre genre, j’ai aperçu dimanche dans un petit bazar à Sultanhamet des bottes brodées assez attirantes. Pas forcément portables, ok, mais en imaginant un brin de modernisation du propos et disons, une silhouette baroudeuse cool de chez Isabel Marant, j’y vois du potentiel. Dans ce même bazar, j’ai vu une couronne (serre-tête) de fleurs passementerie brodées et un foulard à brandebourgs multicolores qu’aucune fashionista ne renierait. Tout ça pour dire que l’on peut regretter un poil l’absence de références du passé ou des cultures locales dans la création turque qu’il nous a été donnée à voir… Bon, à suivre, aussi.
Le 16 mai 2013 - Dans Be my guest (concours)