À vos souliers, citoyens!
À gauche: les shoes d’Émo galactique (créatives, je vous l’accorde), ici-même: savoir faire et classicisme élégant. Balle au centre. Faites vos jeux, rien ne va plus, autant dire rien à voir. La chaussure est un monde aussi vaste et varié que nos envies sont illimitées (attention: citation qui ne veut presque rien dire). Plus sérieusement. Rencontrés au Who’s Next, les créateurs de la marque Jacques et Déméter (que nous appellerons donc Jacques et Déméter, puisque un garçon et une fille en composent l’équipe) proposent un soulier engagé. Qu’est-ce à dire? Pour la confection ils s’adressent à des fournisseurs et fabricants (tanneries, fabricants de lacets ou de semelles, assemblage à la main) se trouvant, tous sans exception, en France. Militants pour un savoir faire traditionnel et local, tous leurs modèles sont numérotés et réalisés en séries limitées.
La jeune marque courageuse ne présente pour le moment que deux modèles déclinés en 3 coloris. Un derby, homme et un richelieu, femme, aux finitions parfaites, aux détails subtils (j’adore la ganse de semelle assortie aux lacets), aux nuances délicieuses, le tout baignant dans un univers drôlement rétro. Bon esprit, quoi et grand chic. Profitez en ce moment de leurs promos (-15% sur 220 à 230 €, c’est pas mal du tout)…



La très prolixe marque Bensimon vient enfin d’ouvrir son e-shop. On pourrait arguer que la multiplication de collaborations (avec Monoprix ou Les 3 Suisses, par exemple) a permis à Bensimon de ne pas trop s’inquiéter de sa diffusion et de son accès sur le territoire, mais bon, on est bien contentes, nous les webmaniaques, de l’y voir proposer ses collections sur la toile. On oserait même un « à ton rythme » si l’on ignorait que Serge Bensimon fait justement les choses à sa manière, en son temps, comme il l’entend et que cela lui réussit plutôt bien depuis moult décennies. La boutique online serait donc quelque peu en rodage et devrait accueillir à termes de nombreux autres items (n’oublions pas qu’outre les célébrissimes tennis, Bensimon, magnifique touche-à-tout, c’est aussi du design, du mobilier, des livres d’art, un nouveau parfum, de la musique…). En attendant, l’intérêt majeur du site réside dans quelques produits présentés exclusivement sur l’e-boutique. Comme ces
Tu sais, l’autre jour je suis allée au cirque. Je n’aime pas trop le cirque. J’y accompagnais mon petit garçon. Je crois qu’il n’aime pas non plus beaucoup le cirque. On s’accompagnait l’un l’autre, en fait. Finalement on a ADORÉ les animaux (magnifiques et variés chez Pinder). Quand je serai grande je serai dompteuse. Lui, il fera bien ce qu’il voudra. Bon, je reconnais que je dis des choses insensées, jamais je ne pourrai vivre en caravane. Du coup, quoi? Des bêtes sauvages à mes pieds bien-sûr et mes pieds sur l’asphalte ou du parquet, la piste, seulement de danse.
Du coup chez André, je me suis retrouvée con parce que partie pour acheter les fameuses boots python, ben j’ai louché sur les boots frangées à plumes (ma mère aussi d’ailleurs, les 70′s ça marque une femme). Et je suis repartie sans rien, encore une fois incapable de faire un choix. Vous préférez lesquelles : python ou plumes (59 € chacune) ? Et vous, cette collection animale, elle vous branche ? Et le zèbre, vous y croyez vous ? Bof, non ? Qui a les python que je sache si on s’en lasse pas rapido ? On me dit dans l’oreillette que je pose trop de questions, aussi je m’éclipse…
Ça faisait longtemps que je n’avais parlé souliers… Il faut la tombée de l’automne et la constatation que tes orteils vernis au divin corail passent en berne, puis l’autre constatation qu’à part les boots noires de chez Zara (achetées cet été, en pleine fournaise espagnole, assez banales et très pratiques), je n’ai envie de rien. Les divins escarpins à 10 de talons? Pas là, non. Les peep-toe? Bin non j’ai envie de chaussettes, pardon. Les sandales en cuir naturel qui font la cheville fine et la jambe légère? Ne te fous pas de moi. J’ai froid.


Dites donc je rêve ou les collections caspule, collaborations émérites axées sur un produit culte et autres séries spéciales, limitées, sur mesure, élitistes dans l’idée (dans l’idée principalement, puisque l’on baigne dans le prêt-à-porter malgré tout) pullulent puissance 27 ici-bas? On veut nous signifier notre caractère exceptionnel.
C’est le 1er septembre, tiens! Jennifer poursuivant sa retraite suisse jusqu’à la fin de la semaine, météo ensoleillée et rythme général atone ne me font pas prendre la mesure de l’événement. Septembre. D’ici quelques temps adieu tennis éculés, espadrilles hagardes et sandales usées, adieu petons à l’air et vernis corail échoués sur la plage dorée de nos orteils. Adieu exubérance et mollesse de l’été. Écoute, tant pis. Pour tout vous avouer, je ne suis pas encore prête. Afin de passer le cap en douceur, je m’extasie sur des bottines quasi-plates qui font oublier que l’automne c’est gris, c’est pluie, c’est fermé, c’est courir…
Retour aux sources, aux matières authentiques et aux plages ensoleillées de notre bon vieux Sud avec les Keds en lin ! Loin des tennis en coton blanches urbaines et rock, cet été la marque nous plonge dans un roman de Pagnol, la bastide nous attend et avec elle sa place devant l’église, mais aussi le maquis, le bleu azur, les oliviers bref les « graaandes vacances » (accent marseillais).

Avec ce soleil inouï, ces pucerons en liesse et les jeunes pousses qui s’ébrouent tel le poulain nouveau, oui, nous voudrions bien mettre nos jambes à l’air, merci et bonjour chez vous. Perso, si je suis tentée de ne pas être tentée du tout, je vous conjure à genoux (dénudés, donc) de donner un peu d’allure à ce pantalon très court, trop court, hélas, parfois et d’effacer toute interprétation trop balnéaire, ce qui crois-moi en ville en début de saison serait juste n’importe quoi. Donc blazer de groom, veste de soie ou neo-smoking blanc de rigueur, souliers qui en ont (de l’âme, de l’esprit ou des couilles).



Le 3 février 2012 - Dans Marie’s Box (#concours)