Les beaux jours, peut-être. Tu n’es pas tout à fait prête. Paradoxe bien humain, après tout. Moi je rempile pour une semaine à la montagne, bientôt, ce qui signifie torture intense de la jambe et contention ultime du pied, point de repère annuel de l’annonce du printemps. Après, l’air. Lisse, vernis, trop blanche. Du dévalage de pentes en chaussures de ski au chemin de croix en sandales de moine, il n’ y a qu’un pas flagellant que la tendance des magazines nous promet. Je ne mange pas de ce pain (béni)-là. Si la souffrance au ski est inversement proportionnelle au plaisir de la vitesse et de l’apesanteur furtive, je ne vois aucune compensation à porter des pompes de curé. C’est trop punitif aussi, esthétiquement parlant. Comme un prof de maths à St Jacques de Compostelle. Du coup, je nous propose de garder la lanière de cuir très Mission et de nous hausser de la gambette, sans fausse modestie.
Le diktat des 5 fruits et légumes par jour a envahi l’esprit des créateurs ! On peut déjà apercevoir l’une des tendances de cet été : les chaussures à fruits. Pas de stilettos en écorces d’agrumes et peau de banane comme Lady Gaga pourrait en porter sur le red carpet, ça non promis (cela dit, ça ferait moins scandale que sa robe en viande, la PETA et les végétariens en feraient peut-être même leur nouvelle représentante !).
Pas de shoes biodégradables donc, mais des escarpins, des mules, des sandales et des compensées ornées de fruits en cuir, ou bien des tissus imprimé fruits. Ainsi dans la collection printemps-été 2011 de Cindy Glass, joliment appelée « Laundry and botanic », les souliers se parent de fraises, de cerises, de citrons et autres saveurs estivales.
Tout comme les sandales vertigineuses « Banana is my business » chez Charlotte Olympia qui couronnent le pied d’une salade de fruits exotiques. Banana is my business, tout un programme auquel je vous laisse le choix d’adhérer ou non… Pour résumer la question de la semaine : la fantaisie vitaminée des fruits sur vos petons pour l’été, ça vous tente ?
Les « fruit shoes » : No Way ou Yeeaaah ?
(Si vous avez la chanson en tête toute la journée : « De rien ! »)
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Ecrit sous acide par Marie
Le 1 février 2011
Orteils, coup de pied, chevilles, courbes du mollet, arrière des genoux, cuisses. On suit du regard la jambe nue comme on dessinerait du bout des doigts le tour de l’amant. Oui, puisque la sensualité a quelques peines avec l’hiver, on rêve de printemps et de souliers sophistiqués piédestal de futurs plaisirs. Certes, des souliers compliqués comme des mains qui s’entremêlent…
Excuse mon lyrisme de pacotille, limite eau de rose M6 de charme. Mais. On nous engloutit sous les événements et les produits dévoués à la cause saint Valentine et outre mon ras le bol, je voudrais être sûre que vous ne passerez pas à côté du désir, à l’occasion de cette fête à l’artifice anxiogène.
Pour cela, je compte sur vous pour travailler du ciboulot fantasmatique sur les chaussures fatales de l’ami Burak Uyan, aux alentours de 600 € chez Franck et Fils.
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Ecrit sous acide par Marie
Le 18 janvier 2011
Dites donc. Le jean flare revient à l’attaque. Drainant avec lui son lot d’emblèmes proto-hippie-jet-set (entendre « privilégiés », plus starlette esthète d’Ibiza ou héritière inspirée sur la côte Amalfitaine que hobo à la dérive et habillée comme un sac). Oui, on nous fait le coup tous les deux ans. Mais cet été on sera hippie façon désinvolte intello, consciente de son bon goût (lié à sa culture), développant une forme un peu perverse de la coolitude chic 70′s : celle qui est cossue. Ainsi, on se jettera (mais pas trop vite, je vois mal comment éviter une phase d’ampoules fatales à ta démarche de chat avisé) sur ces sandales compensées en bois qui résument en tous points cette idée. Du roots, des matières brutes pour revendiquer un retour aux sources très « arte povera », une forme évoquant sabot du Larzach et l’amour dans le pré, un faux semblant amusant avec un talon en trompe l’œil à arborer en toute confiance sur macadam et pavés, uniquement.
Asos c’est un peu comme Burger King. Du Mac Do en meilleur, surtout parce que relativement inaccessible et tellement british. La comparaison trouve par ici ses limites: tandis qu’Asos pas encore implanté en France nous permettait au terme d’affres de conversions et de débats postaux d’obtenir les objets de tous nos fantasmes anglais, on ne tient pas à traverser ce type d’épreuves pour des denrées périssables et se faire livrer un Whopper forcément racorni, même britannique. Bref, revenons à nos sheeps. J’irai jusqu’à affirmer qu’il n’y a plus débat : Asos lançant son site en France. (Et laisse tomber le sandwich couronné).
C’est notamment bien plus simple pour les devises, taxes, frais de port et autres questions financières, inévitables. Je ne vous ferai pas l’affront de faire la retape pour Asos. N°1 des ventes en ligne en Angleterre, le site est depuis un moment adulé des blogueuses, des françaises qui se la jouent comme Kate Moss (ah oui mais non), de nous, en somme. Donc aujourd’hui je n’aborderai que le tonitruant et vaste chapitre du soulier. Adieu.
Font briller à sa taille le bronze et l’or… Voyez-vous, je suis d’humeur simili prêtresse antique, vestale de pacotille ou même esclave dorée sur tranche de peplum hollywoodien, aujourd’hui. La mode n’est-elle pas qu’un jeu de mise en scène pour un second rôle quotidiennement renouvelé, où passant de castings en castings tu espères décrocher le titre de jeune première? Entre collier pectoral et spartiates, je propose: presque rien, une tunique blanche, un débardeur un peu long, une robe tee shirt loose et basta cosi.
Ah, tiens et puisque je parle d’IKKS, notez bien, détentrices d’Iphone, que la marque a lancé son appli (gratuite, of course) dont vous découvrirez toutes les fonctionnalités dans cette vidéo. Ah, oui, c’est tout de suite moins anachronique comme histoire.
Cela s’explique-t-il? Une envie de couleurs puissantes, revendicatrices, pleines de promesse de luxure amusée, détachée, jouer de l’éternel féminin comme d’un riff de guitare écorchée. Reptile et vernis, satins Mondrian passés sous influence YSL, modern art anéanti par les Cramps et talons de 12 bien balancés de patins (question de survie).
Oui, j’ai découvert David Wyatt et ce n’est pas le comble du minimalisme discret et élégant, ni de la frilosité de bon goût. Mais bordel, ça déchire. Ce nœud vinyl sur le coup de pied, ce rouge vermillon à la perfection et ces roses, verts jaunes primaires donc violents, raaah. Je me calme, ces paires tournant encore autour d’un (demi) loyer, il va falloir se calmer, il faut se calmer, il faut… Bon il y a toujours Zara et ses sandales arachnéennes rouge sang. (On n’a pas dit qu’on boycottait Zara entre blogueuses de bon sens?). Non. On ne l’a pas dit. Et à défaut…
Oui alors, je sais très bien que vous m’attendez avec vos cailloux et vos arguments stylistiques aussi bien qu’odorants si je vous dis espadrilles. Je le sais. Mais voyez-vous, plus vous faites de la résistance plus je vais chercher à vous convaincre, avec la plus parfaite mauvaise foi, sinon, ce n’est pas drôle. Ambiance avocat du diable, parce qu’effectivement je ne suis pas certaine de jamais en porter. La marque Zespà, d’Aix en Provence, revisite donc l’item basque. Notons la semelle cuir intérieure. C’est important. Sinon, quoi, allez je baisse les bras, j’ai flashé sur ce vert vibrant car comme chacun le sait j’aime le vert aux pieds (et le verre à la main, souvent). Pour aller à la plage, je vous avoue que j’en ai marre des tongs, avec un short en jean enfilé sur le maillot et un panier à la Birkin, je dis: « à moi les rouleaux de Biarritz » et un point c’est tout.
Fruit du dragon, des écailles irisées, un ciel tropical et des nuages en feu, une soirée qui s’étire, un oiseau mouche, un hibiscus, la peau, un petit matin, un jus, un belvédère, une passion, a stick, a stone…
Ok, nous allons commencer par une courte et efficace analyse sémiologique. Non, bon, reviens. Simplement, vois-tu, je m’interroge sur cette marque de souliers que je découvrais hier. Et sur son nom en particulier: Acrobats of God. On comprendra bien (si on n’est pas trop débile) au vu de la collection, l’idée de tirer les fils, voire les bandes élastiques et l’idée par conséquent de manipulation façon Alaïa-bondage du pied. Amis graphistes, vous allez adorer. Mais je reviens à ce nom, je sais je bloque, on ne sait pas pourquoi. J’espère qu’ils en ont décidé entre potes qui auraient vu la vierge au cours d’un brainstorming éthylique. C’est un peu mystico prétentieux. Ah mais je me rends compte que l’entité qui anime ce petit monde n’est autre que Nicole Brundage, adorée ici-bas. Alors comme ça, notre créatrice chouchoute serait un brin mégalo?
Voilà, sinon, j’aime assez les modèles très pliés plus que les entrelacs, les talons de bois clair et la rigueur précise de l’ensemble. Je goûte la gamme de couleurs, poudrée et rougissante, comme moi…
Quelques modèles sont vendus (autour de 300 €) chez The Corner.
Le 3 février 2012 - Dans Marie’s Box (#concours)