Truc en plumes
Eugène Riconneaus n’a que 20 ans et je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. Non, puisque dans son cas, 20 ans ne semble être qu’une étape sur la voie de la réussite. C’en est limite agaçant. Fort d’une collection capsule l’an dernier, suite logique de sa propension à chausser les copines (rédactrices, artistes, beau linge et belles dentelles), Eugène nous comble avec une vraie belle collec d’adulte, cette saison. Strictement distribué dans le temple pointu et hong-kong star, Joyce, on patiente sagement en attendant l’éclosion française de ce cocon déjà jet-set et prometteur. Autruche, suspend ton vol.
Souliers, environ 500 €, Eugène Riconneaus.
Cela s’explique-t-il? Une envie de couleurs puissantes, revendicatrices, pleines de promesse de luxure amusée, détachée, jouer de l’éternel féminin comme d’un riff de guitare écorchée. Reptile et vernis, satins Mondrian passés sous influence YSL, modern art anéanti par les Cramps et talons de 12 bien balancés de patins (question de survie).

Une touche de folie sur un look denim-top : des plateformes japonisantes. Ce coup de foudre doit être à cause de la pluie et du rosé, parce que normalement l’imprimé bariolé ambiance Barcelone meets Tokyo, je fuis. Mais ici, on a tout de suite envie de les porter, d’avoir aux ongles du corail (voire le n°527 de Chanel, « Nouvelle Vague », mais là j’assume totalement ma faute de goût, l’association n’est pas recommandée mais je m’en fous), un joli déhanché, des yeux qui tracent un été pétillant et plein de conquêtes…
Y a plus qu’à se convaincre que ça vaut le coup de payer les frais de port USA/France. Ou alors on achète deux, trois conneries sur le site, et en avant la crise cardiaque en recevant son relevé de compte.
Hey. Et si on revenait aux talons épais, quadrilatères mastoques, archives précises 60′s sur patte? Non mais regarde. Dans ce dessin le talon s’envole d’un même jet vers la naissance de la cheville, jeux de mat et vernis, il n’y a rien à rajouter (Maxwell), l’allure en est parfaite.
Ces escarpins Colisée de Sacha… hystéro-glam (ne me demandez pas de définition, j’aime l’association c’est tout). Je flashe totalement dessus en pensant très fort à Jem & the Holograms. Des couleurs Miami, du graphique, de la bonne humeur, du rock et des robes tube, j’ai envie de coller du papier peint imprimé « flamands roses et tropicalisation » sur les murs de mes WC.
L’avantage d’avoir des escarpins à non pas un mais trois talons (par chaussure, oui madame : trois !), c’est que vous écrasez trois fois plus d’araignées avec en pleine campagne. Mais ça se porte en ville. Vous aurez donc trois fois plus de chance de vous casser la gueule dans une rue pavée plutôt qu’un buisson dans lequel vous cacher des badauds hilares. La vie est pénible, c’est ainsi.
Si je n’ai pas une passion pour les austères derbies fermés à talons hauts, évocation de gouvernantes sévères et vieilles filles, en revanche le gris et les perforations me rendent dingues (de joie). Ainsi sur ce modèle (peu cher, ouiiiii), j’oublie avec légèreté les principes collet-monté d’une éducation rigide au profit d’une bonne humeur Mary-Poppins-like, moderne et aérée. Contrasté et souple ce derby me semble idéal pour attaquer du bon pied la mi-saison, en jeans, si tu veux, en toile kaki avec plaisir, en jupe virevoltante, dans l’allégresse… Bon, on abandonne collants et socquettes, qui en plus d’être laids sont ici complétement contre-productifs.
Afin de mieux dépasser ensemble cet apparemment drame national qui se déroulât dans le pooooort de Vancouver (pas assez de francomédailles), je vous propose l’alternative Minna Parikka. Attends, je voudrais revenir sur un truc. Qui a sans doute un rapport avec le fait que je suis toujours et encore à la montagne (et que j’adore ça, skier, par exemple). J’ai pris beaucoup de plaisir à regarder les épreuves olympiques malgré le désespoir français d’y être si peu médaillé, ce dont je me fous comme de ma première étoile.

Dans les starting blocks pour certaines, l’humeur patiente dans la salle d’attente de la débauche mercantile à venir. Non, mais oh. Pas la peine de prendre ton ticket, d’affronter le froid polaire et ainsi de se faire piétiner par 1000 Uggs déchainés (genre le pire cauchemar du moment) à l’entrée de la tête de gondole, demain, soldes, 8 heures. Non, à l’instar de la Lorraine, l’Angleterre et tous ses sites dont on raffole ont déjà depuis un moment ouvert leur porte à la grande promotion d’hiver. (Parenthèse donc: nous testâmes, ce 31, une nouveauté british qui veut que l’on trempe dans son champagne un petit bonbon de jelly, effet Coca/Mentos et éruption de bubulles colorées trop fun. Fin de la parenthèse).
Le 18 mai 2012 - Dans Prodigieux (pour vos mères aussi) #concours