Chaussures à classer à la page WTF #2
Réponse à la note d’à côté, préambule: Jennifer, je suis là, de retour à Paris, ce Paris trempé, passé au lavis d’une encre sale, gris et mochasse mais Paris libéré (des vacances). Et toi, tu es repartie… Si nous passons notre temps à nous croiser, comment veux-tu, oui, comment veux-tu? Enfin, tu as raison, voyons du pays et retrouvons-nous plus fortes en septembre.
Cœur du récit: Chère binôme, tu me manques cruellement aussi. Pour te le prouver, j’oppose immédiatement à tes souliers canevas (représentant des chatons au panier ou un étalon en Camargue, j’aurais préféré), délires au point de croix d’une Pénélope qui s’était crue Cendrillon aux Gobelins mais qui pour faire tapisserie assurent pas mal, pas mal du tout, ceci. Je synthétise: j’oppose ceci. Je sais que tu n’en attendais pas moins de moi. Du talon aiguille, de l’austérité architecturée mâtinée de grrrr, sexyness éternelle du zip et cut-out à la courbe vertigineuse qui offre brièvement la peau au regard… Bien onéreuses. Voilà, j’espère ne pas t’avoir déçue, tout comme tes derbies m’enchantent au fond (très au fond) puisqu’ils sont tellement toi. Si j’ai la chance de te voir avec au Bottle Shop, promis, je les baiserais. Vous êtes tous témoins. (Mais attention, pour les UGG, ça va pas être possible, jamais, on a ses principes).
Bien à toi, ma Jen, profite.
Escarpins cut-out, Guiseppe Zanotti, 725 $ chez Forward by Revolve.
Vous m’avez connue plus en forme en terme de jeux de mots, je sais, mais j’ai la tête toute occupée à cette liste virtuelle et très aérienne encore, relative à ce que je ne dois pas oublier dans ma valise pour mon départ samedi. Je nourris, oui, le fantasme que pour une fois je ne ferai pas mon bagage à l’aube. Je pars en vacances, oui, samedi matin. Je resterai au plus près de vous sur BeSnob, oui. Samedi c’est l’anniversaire de Jennifer, oui. Je pars au pays basque, oui. J’ai lu dans ELLE, qu’il ne fallait s’encombrer que d’une paire de nus pieds, une paire de sneakers et à l’extrême limite d’une paire à talons, si d’aventure, on sort. C’est absolument inenvisageable. Non.
Cela s’explique-t-il? Une envie de couleurs puissantes, revendicatrices, pleines de promesse de luxure amusée, détachée, jouer de l’éternel féminin comme d’un riff de guitare écorchée. Reptile et vernis, satins Mondrian passés sous influence YSL, modern art anéanti par les Cramps et talons de 12 bien balancés de patins (question de survie).

Une touche de folie sur un look denim-top : des plateformes japonisantes. Ce coup de foudre doit être à cause de la pluie et du rosé, parce que normalement l’imprimé bariolé ambiance Barcelone meets Tokyo, je fuis. Mais ici, on a tout de suite envie de les porter, d’avoir aux ongles du corail (voire le n°527 de Chanel, « Nouvelle Vague », mais là j’assume totalement ma faute de goût, l’association n’est pas recommandée mais je m’en fous), un joli déhanché, des yeux qui tracent un été pétillant et plein de conquêtes…
Y a plus qu’à se convaincre que ça vaut le coup de payer les frais de port USA/France. Ou alors on achète deux, trois conneries sur le site, et en avant la crise cardiaque en recevant son relevé de compte.
Hey. Et si on revenait aux talons épais, quadrilatères mastoques, archives précises 60’s sur patte? Non mais regarde. Dans ce dessin le talon s’envole d’un même jet vers la naissance de la cheville, jeux de mat et vernis, il n’y a rien à rajouter (Maxwell), l’allure en est parfaite.
Ces escarpins Colisée de Sacha… hystéro-glam (ne me demandez pas de définition, j’aime l’association c’est tout). Je flashe totalement dessus en pensant très fort à Jem & the Holograms. Des couleurs Miami, du graphique, de la bonne humeur, du rock et des robes tube, j’ai envie de coller du papier peint imprimé « flamands roses et tropicalisation » sur les murs de mes WC.
L’avantage d’avoir des escarpins à non pas un mais trois talons (par chaussure, oui madame : trois !), c’est que vous écrasez trois fois plus d’araignées avec en pleine campagne. Mais ça se porte en ville. Vous aurez donc trois fois plus de chance de vous casser la gueule dans une rue pavée plutôt qu’un buisson dans lequel vous cacher des badauds hilares. La vie est pénible, c’est ainsi.
Si je n’ai pas une passion pour les austères derbies fermés à talons hauts, évocation de gouvernantes sévères et vieilles filles, en revanche le gris et les perforations me rendent dingues (de joie). Ainsi sur ce modèle (peu cher, ouiiiii), j’oublie avec légèreté les principes collet-monté d’une éducation rigide au profit d’une bonne humeur Mary-Poppins-like, moderne et aérée. Contrasté et souple ce derby me semble idéal pour attaquer du bon pied la mi-saison, en jeans, si tu veux, en toile kaki avec plaisir, en jupe virevoltante, dans l’allégresse… Bon, on abandonne collants et socquettes, qui en plus d’être laids sont ici complétement contre-productifs.

Le 2 septembre 2010 - Dans Offensive sur tous les fronts