
Après avoir transféré nos vinyles préférés en MP3, c’est au tour des K7 déjà vintage de ressusciter sur les baladeurs numériques. Dites bienvenue à Tape Express et courrez chercher dans l’allégresse vos cartons de cassettes audio poussiéreux, conservés religieusement dans une planque, à l’abri de toute catastrophe naturelle/ménagère. Car il était hors de question évidemment, en ce jour historique de l’an 2000 où l’on quitta le nid familial pour rejoindre Liberté et Débauche dans un studio mansardé, de laisser aux parents le droit de descendre à la cave la bande-son de notre adolescence. Cave ou plutôt cimetière déguisé, où l’humidité n’aurait exprimé aucune pitié pour nos souvenirs.
Une fois l’avalanche de K7 exposée dans le salon telle un trésor de pirates, vous n’avez plus qu’à relier Tape Express au PC/MAC avec le câble fourni. Un clic et un bouton pressé plus loin, vos si chères faces A et B sont sur votre ordinateur. Une affaire de touche Play et de nostalgie, en somme…

Toutes ces Sony et TDK en pagaille dans la chambre, sur lesquelles on enregistrait méthodiquement nos émissions musicales préférées (quand c’étaient des 90 min, c’était fête), et puis les autres aussi… Les K7 d’artistes oubliés de tous, achetées on ne sait quand, on ne sait où, et que notre mémoire a visiblement préféré jeter aux ordures pour notre bien (Amanda Marshall, c’est qui ?!), sans compter les K7 de la grosse méga loose du genre Bryan Adams ou Bonjovi.
Sans oublier l’héroïne, la vraie : fidèle et indispensable objet de survie : la glorieuse et imposante radio CD double cassette coiffée d’une antenne de deux mètres. Ah ! Notre Radio… notre mémoire.
Je rouvre avec vous mon premier carton poussiéreux : The Colour and the shape des Foo Fighters, un best of de Bowie (69/74), Blue lines de Massive Attack, la BO de Romeo + Juliet de 96 (rappelez-vous : on se morfondait sur Kissing you de Des’ree après s’être pris un rateau mémorable par Simon au cours de chimie, Everclear et Mundy, haaan…), Garbage, Thomas Fersen, le Baptême de M, Miossec ah ! Miossec, Maverick a strike de Finley Quaye, The Rentals, Tomawak, Tom Petty… Que de bons souvenirs.
Mais à la fin, pas d’enfants et de nains avec un walkman à la ceinture ou dans la poche de son Eastpak… Le CD prit un jour toute la place et enterra la mignonne musicassette, avant de lui-même se faire bouffer par la révolution MP3.
Les natifs des 80’s auront au moins eu le privilège de connaître ça : la plaisir maso de penser et enregistrer, des nuits durant, des K7 aux morceaux et à l’enchaînement parfaits, pour soi et le garçon du moment. C’était chouette.
PS : Je découvre avec stupeur et honte une K7 de Calogero datée de 2000. ‘Tain de merde.
Et vous, quelles furent les K7 fétiches de votre adolescence ? Du pire et du meilleur, quels étaient ces artistes et ces hits qui défilaient chaque jour dans vos oreilles sur le chemin du collège/lycée ?…
Tape Express de Ion, 70 euros chez Colette.
© Colette
Le 10 mars 2010 - Dans Rock, mode et petites pépées (concours à la clef)