Le Diable s’habille vraiment en Prada
Quand la fiction dépasse la réalité… Actuellement sur Change.org, il y a une pétition qui a retenu notre attention : elle s’adresse aux patrons de Prada, Miuccia Prada et Patrizio Bertelli, et leur demande d’abandonner les poursuites contre leur ancienne employée, Rina Bovrisse. Cette japonaise diplômée de la Parsons School of Design, après avoir travaillé 18 ans dans les plus célèbres maisons de luxe aux Etats-Unis, avait obtenu un poste chez Prada Japon comme responsable des ventes. Mais rien ne se passa comme prévu…
Rina est témoin de nombreuses discriminations au sein de l’entreprise, comme cette fois où elle entend un cadre des RH dire qu’il rétrograde des salariés car elles sont « vieilles », « grosses », « laides », « répugnantes » ou « qu’elles n’avaient pas le look Prada ». Mais une fois avoir dénoncé ces pratiques à la direction, ce fut à son tour d’être victime de discrimination (on la critique sur son apparence), d’être rétrogradée et d’être poussée à démissionner. Rejointe par deux anciennes collègues, elle ose porter plainte en 2010 contre le géant italien en faisant valoir que la discrimination et le harcèlement de Prada basé sur l’apparence viole l’article 709 du Code civil japonais.
Non seulement Prada gagne en 2012 mais attaque son ancienne salariée pour atteinte à l’image du groupe et lui demande 780 000 $. Très élégant, n’est-ce pas.
Barrera Murakami Ayako, une japonaise qui affirme avoir subi une discrimination sexuelle à l’embauche, est à l’origine de la pétition lancée sur Change.org pour soutenir Rina Bovrisse. Grand bien lui fasse : la pétition fait le tour du monde et a déjà été signée par plus de 121 000 personnes choquées par les pratiques de Prada.
Le 30 avril dernier, Rina était reçue par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, qui s’est saisi de ce dossier : une première mondiale dans l’industrie de la mode et du luxe. Lors d’une conférence de presse, Rina Bovrisse commentait la pétition lancée par Ayako : « Avec le pouvoir des réseaux sociaux, des sociétés puissantes ne peuvent plus cacher de telles pratiques. Je reprends des forces grâce aux soutiens que j’obtiens du monde entier« .
Alors si vous voulez soutenir Rina dans son combat, signez ici :
http://www.change.org/rinaprada

























Le 17 mai 2013 - Dans Revue de Web n°195 : Va te faire Cannes ailleurs !