Tabula rasa

C’est rigolo. Les temps de crise liés à une conscience écolo de plus en plus intégrée et une tempérance consumériste de bon aloi voient fleurir des tonnes de « bonnes idées » pour recycler et ne pas dépenser un rond. N’oubliez jamais pourtant qu’il y a un gouffre sans fond entre les designers qui ont l’œil et la papatte bien formés (de Jasper Morrison au collectif Droog Design) et nous, nous, simples bricoleurs du 1er dimanche de septembre, prompts à transformer une bouteille de Sancerre épuisée en pied de lampe monstrueux.

D’ailleurs, cette différence entre eux et nous réside notamment dans le concept. Pour exemple, cet amusant et ludique porte-manteau issu d’une chaise d’enfant sectionnée puis suspendue (oui, hardcore), dont le collectif Junktion Backrest Hanger est l’auteur. À présent, regardez l’autre partie de l’image immortalisant un jour comme les autres (pas trop chargé) dans ma chambre. Entre les deux: pas de gain de place, pas de gain esthétique (une fois la chaise recouverte de vêtements, hein, c’est le même bordel), rien sauf l’idée. CQFD.
Des idées, on en trouvera (à appliquer ou pas selon le talent) dans cet ouvrage: REMAKE IT 500 IDEES DESIGN POUR RECYCLER MEUBLES ET OBJETS, Henrietta Thompson, Illustrations de Neil Whittington, Thames and Hudson, 28 €. Parution : 7 octobre 2010
Lorsqu’on m’a dit que j’allais lire l’un des best-sellers américains de 2009, que c’était un thriller à base de mafia et d’univers hospitalier, le tout saupoudré de cynisme à la Dr House, j’ai demandé où était la porte de secours. Alors j’ai laissé le roman reposer sur la table du salon, une semaine, puis deux, finalement un mois entier. Grand mal m’en a pris, puisque j’ai dévoré Docteur à tuer en une seule journée : Josh Bazell, l’auteur, et moi, dans le lit un samedi après-midi à vivre au rythme du héros, un certain Peter Brown…
Hier soir, en toute discrétion je suivais M6 et son nouveau bébé de real tv : Top Chef. Si vous aimez Un Dîner presque parfait (parce que ça donne des idées de recettes mais surtout parce que mélanger des beaufs à des bourges à table, ça vous amuse, méchante personne que vous êtes), vous avez dû aimer. Moi, ce sont surtout quelques-uns des participants que j’ai principalement aimés… Benjamin Darnaud, OMG je t’aime, apprends-moi à lier une sauce !


Au Diable Vauvert rocks ! Moi qui tremble à l’idée – avec l’arrivée de
J’essaie de me faire une opinion sur l’iPad depuis hier soir; je peine. Très sceptique concernant le réel intérêt de la bête, et puis lorsque je regarde la vidéo de présentation (en bas de note), c’est plus fort que moi, je vois un sketch des Nuls dans lequel Farrugia consulte ses mails sur un iPhone de 2 mètres de hauteur, et où le simple geste de taper deux mots demande une gymnastique de dingue. Bref, la tablette tactile d’Apple me fait pour l’instant plus sourire que saliver. Et pour être tout à fait honnête, je bloque sur iBooks.Le débat commence à dater mais mes avis dessus n’évoluent guère…
Bons côtés du livre numérique : l’action écolo, le gain de place (pensons à ces valises bourrées de romans qu’on se traîne en vacances), un éventuel boum des ventes. Mauvais côté de l’iBook : il n’y en a pas, sauf pour les amoureux du livre le vrai, celui aux pages noircies et marquées. Si l’iBook finit un jour par convaincre la majorité, nous n’irons pas acheter en double la version papier des romans numériques, les bibliothèques se videront et le mot autodafé disparaîtra des dictionnaires numériques de nos petits-enfants. Oups pardon, je me suis transportée dans un mauvais film de Syfy Universal (j’adore cette chaîne et ses nanars SF), pardonnez-moi, faites comme si je n’étais pas une trouillarde trop attachée à Oui-Oui et sa collection de la Bibliothèque Rose PAPIER.
Ipad, netbook en mieux, iPhone XXL sans phone… Mouais. Vous êtes sceptique, vous aussi ? Je suis rien qu’une vieille conne qui pige que dalle au mode de vie nomade et branché ?
Réveil avec la chanson kitsch mais épatante : Trente ans, de Guy Marchand. Je recommande. Puis on se lève, on va faire le marché avec une copine (ouais, on brave le froid pour la bonne cause : l’apprentissage culinaire dominical) et on passe sa journée à aimer sa petite maison cosy. Alors aujourd’hui, sélection culturelle d’une journée @home…
Je n’aurai qu’un mot: MAGNIFIQUE.
Ou pour ceux qui ignorent Perec (comme disait une amie d’antan : « quelle chance, tu vas pouvoir découvrir »), des livres et nous. Ainsi, ce récit-album comme j’aurais rêvé le faire, collectionnant les objets d’un couple de leur rencontre à leur fin annoncée, au travers d’une note de restaurant, à la première brosse à dent laissée chez l’autre, puis la garde de robe, les bibelots achetés en commun. Bref au travers d’objets clefs et de vêtements et de papiers et de bijoux, souvent dérisoires, catalogue du quotidien, le parcours d’une relation, un peu clinique (parce que l’on met à distance ce qui nous touche, pour notre bien, croit-on), un peu cynique, drôle et touchant, je vous le vends. Un livre où chacune se reconnaitra, poétiquement. Ça fait du bien, joliment et l’air de rien pose la question du matérialisme dans nos relations, aussi… Puisque à chaque item est associé un prix, prix d’une vente aux enchères d’un temps qui fût cher, on brade le bonheur, haha. Passons à la suite.
Au royaume du largage intensif, je suis plutôt la victime. Aussi, quand j’ai reçu Ex & the City, je dois bien avouer que je me suis plongée facilement dans ce roman-guide écrit par Alexandra Heminsley, reponsable de la rubrique livre du Elle anglais.


Le 2 septembre 2010 - Dans Offensive sur tous les fronts