Tout est vanité

The Brown Sisters (#1), Nicholas Nixon
Sensible depuis, oh, bien longtemps (le temps, il en est beaucoup question ici) aux cabinets de curiosités de la Renaissance, ces pièces et même parfois ces meubles exposant de manière scientifique et esthétique les merveilles précieuses de la nature (morte), collections mélancoliques et rares, j’ai adoré la nouvelle exposition de la Maison Rouge.

The Brown Sisters, Nicholas Nixon photographie chaque année sa femme et ses sœurs, depuis plus de trente ans.

Nicholas Nixon, dernier cliché exposé de la série The Brown Sisters
« Mémoires du Futur » rassemble une partie de la collection de Thomas Olbricht, médecin endocrinologue et allemand (néanmoins, épousez-moi, monsieur), et parcourt 500 ans d’art. Rien que ça, oui. Il vous l’explique à merveille dans cette vidéo, mais en résumé, l’avisé collectionneur fait l’acquisition de ses œuvres par similitude de thématiques, association visuelle et formelle, quand les anciens n’inspirent pas directement le contemporain, plutôt que par mouvements chronologiques. De la Renaissance à l’hyper contemporain, ces œuvres réunies et mises en regard par Thomas Olbricht tissent des liens puissants et bouleversants. Puisque « nous allons de l’avant, mais ne pouvons progresser qu’en gardant en tête le passé« .

Vanité contemporaine: Cindy Sherman, untitled #464

Le corps féminin, les artifices masquant les assauts du temps: Turkish Delight d'Olaf Metzgel et Irène de Frantz Gertsch

Parmi les thématiques fortes qui lient les pièces exposées les unes aux autres au travers des siècles, la mort et notre finitude y ont une place maitresse. Memento mori (souviens-toi que tu mourras), décrépitude du vivant, altération grotesque, vanité des plaisirs et des savoirs (mais aussi carpe diem), poids de la mémoire, étendent leur influence au corps, à la religion, à la violence, à l’amour.

Objets merveilleux d'un cabinet de curiosités de la Renaissance

Côtoyant un écorché en perles de verre, œuvre de Liza Lou datant des années 1990


Vanité flamande du XVIIe siècle

Mat Collishaw, dernier repas des condamnés à mort de prisons américaines


Crâne contemporain, sans espoir de résurrection, René Wirhts

Collection de crânes modernes et anciens devant La Céne vue par David LaChapelle


Froid et clinique, un crâne peint par Damien Hirst
Cette exposition est exceptionnellement riche, touchante, frappante, source de réflexion, belle… Je ne sais que dire de plus pour vous inciter à aller la voir (et la revoir)… Ou si: on n’a qu’une vie et la maison Rouge vous offre deux entrées.
Laissez-nous un commentaire jusqu’à lundi, pour les remporter.
mémoires du futur
la collection olbricht
commissaire : Wolfgang Schoppmann
à la maison rouge du 22 octobre 2011 au 15 janvier 2012
(La maison Rouge n’utilise jamais de majuscules, ça me trouble beaucoup, mais je respecte).
Bonjour! La gagnante est Flore, la plus rapide est cette fois récompensée. Belle expo à toi!



Il y a trop longtemps déjà, j’ai passé un weekend merveilleux. C’était il y a un mois, sous le soleil exactement et il m’aura fallu ce temps pour me retourner vers ces deux jours sans nostalgie déchirante. Sensible, oui. Surtout lorsque la pluie tombait à verses mais l’on oublie tellement vite et le souvenir radieux d’une piscine immense et de collections (d’art) pointues me remuent ces jours-ci force 10 en pleine canicule et pollution visuelle.








En marge (blanche) de la Fiac ou d’Art Paris, 

« J’ai toujours dit qu’il fallait transformer les souvenirs en projet« . C’est l’accroche-citation-les mots d’Yves Saint-Laurent qui signent la page
Sauf que. Dès l’entrée de l’exposition, la première boutique de prêt-à-porter du maitre re-mise-en-scène, on se prend en pleine poire une vidéo d’époque expliquant le processus. « Scandaleux, les prix de la haute couture » pour cette femme moderne de 1966. Le bel et jeune Yves se livre, sensible et visionnaire comme d’hab’ et continue, à la question de l’intervieweur: « quel est le futur de la mode? », le sage créateur répond: « le futur ne m’intéresse pas, le présent, oui, seul le présent m’importe« . En gros. Choc. À l’heure où la tectonique des plaques modesques n’en peuvent mais de leurs séismes, où chacun cherche sa postérité, YSL, bin, est tellement juste.
Ah et aussi, on dit que Pilati va, lui aussi, quitter YSL. J’aime Pilati. Au présent. Pour le Manifesto et pour tout le reste. Et ces sandales? Parfaitement maintenant:
Nous, on s’était bien ébahi à
Élaborant une scénographie aérienne, où les mannequins semblent émerger, s’extraire de bulles parachute et lunaires, Yiqing Yin poursuit sa tâche sophistiquée et précieuse de sculpture de la soie. Ruchés, plissés, jours et volumes y sont comme travaillés au corps, organiques, luttant, adoptant leur propre mobilité, tenus comme des fossiles sublimes.
Vous avez saisi mon enthousiasme, il est impossible de ne pas voir que Yiqing Yin comptera à l’avenir parmi les plus grands. On s’en doute, tout va si vite et bien pour elle.



Si tu vas à Berlin, n’oublie pas d’aller voir cette exposition foutraque, modesque et automobile que la fine fleur des créateurs drolatiques, arty et sensuels nous propose. Sous la houlette de 

L’autre jour j’ai découvert le dernier volet de l’Histoire idéale de la mode contemporaine, l’exposition à épisodes présentée au Musée des Arts Décoratifs. Son intitulé désuet comme un ouvrage savant révèle dès sa lecture son caractère utopique (par conséquent vain) et sa charge émotionnelle belle comme une fiction.



Un petit pense-bête pour vous rappeler que le salon
J’ai du malheureusement parcourir au pas de course l’exceptionnelle rétrospective 
Le 3 février 2012 - Dans Marie’s Box (#concours)