Mademoiselle(s)
Irina Lazareanu, c’est inévitable, évoque pour moi et systématiquement dès que je la vois la parfaite héroïne du cinéma muet, égérie troublée de l’expressionnisme mi dada, mi Murnau. Elle a été choisie par Mademoiselle Tara (ligne bis de Tara Jarmon, younger, faster) pour incarner cette tout-toute première collection.


Et ce malgré le port de la panoplie 60′s de la demoiselle de Rochefort ou parapluie de Cherbourg, mâtinée Catherine en belle de Jour-YSL. Quoi? Les références de jeune bourgeoise (chez Bunuel) prête à enchainer quelques pas de danse (chez Demy) dans la tourmente des passions. Oui vois-tu, on s’attendait presque à trouver une blonde pour cette collection moins dame de Tara Jarmon.

Mais bien sûr c’est encore mieux de nous surprendre en ne reprenant pas les recettes d’antan au pied de la lettre. Hé oui, on est en 2011, même si nous passerions inaperçues en 1962 habillées par Mademoiselle Tara, dans le swinging London, les films de Truffaut et Saint Germain. Tout ça.







Feutre, flanelle, laine, twill ciré se déclinent au travers de couleurs chaudes (orange, bordeaux, bruns, jaune et mauve), c’est riant et sage. Capeline 90 €, shorts flanelle environ 140 € , robes à partir de 230€, manteaux autour de 380 €, le tout selon les modèles.
Crédits photos Mademoiselle Tara: Sofia Sanchez et Mauro Mongiello
Mercredi 11 mai. Les phobiques du vendredi 13 rongent leur frein, les terroristes de la fête des mères préparent leurs gilets pare-balles, certains pleurent sur leur compta 2010 et l’on se sent bien las. Écoutez. Nous allons nous offrir une petite récré, dégager 25 minutes de cinoche, ça ne fait jamais de mal, surtout loin de Cannes… Cet érudit de
Du 1er au 9 mars prochain, vous le savez, le grand cirque de la fashion week parisienne reprendra son service bi-annuel. Si vous n’avez ni le temps, ni le sésame, ni la condition physique pour suivre le marathon de la période à la source (aux défilés, aux fêtes, aux présentations), vous suivrez la mouvante semaine derrière votre écran (sur les blogs de bon goût, par exemple). Et vous taperez un petit home-made-digest lors de notre
Arte, oui, qui du 28 février au 6 mars, fait sa propre fashion week présentée par l’incontournable et labellisé Karl L., nourrie des docus de l’inouï Loïc Prigent (dont des inédits de la pertinente série « Le Jour d’Avant »), ponctuée de reportages sur YSL, DVF et la lingerie et les chaussures…
Hier soir j’assistais à la projection du documentaire « La saga du calendrier Pirelli » sur lequel vous vous jetterez le 13 novembre prochain (22h30, Paris Première). Les hommes surtout. Se jetteront. Les femmes par la fenêtre. Non, mais c’est un cliché que de dire que seuls les mecs seront intéressés par la rétrospective (de 1964 à 2010) d’un calendrier qui mit les plus belles filles du monde à poil, à genoux, dans la boue, et à la fois… L’objet pour happy fews est purement masculin, comme le souligne avec pertinence l’inévitable Olivier Zahm en évoquant la fine lisière qui sépare le désir des hommes de la vulgarité. Destiné au départ aux garagistes, le cal s’est vu grandir jusqu’à la démesure, se transformer en outil de com culte et glamour, s’installer en club absolument fermé (le prestige de l’objet au tirage très limité renvoyant en ping-pong le prestige des photographes renvoyant en revers le prestige des tops sélectionnées, tennis chic). Le documentaire (réalisé par Emmanuel le Ber sur une idée de Dominique Miceli) retrace ainsi avec humour la longue mue des archétypes de l’époque et c’est là, que nous, femmes, sommes conquises…
Je sais bien que vous n’êtes pas très concentrés en ce moment. C’est l’été et les phéromones et l’appel de l’Autobahn des vacances qui veulent ça. Je vais faire dans l’anecdote, tiens, du coup, aujourd’hui. Avant avant hier, je fus chez le coiffeur (merlan, coupe-tif, figaro, mais jamais « au » pour autant). Ah, amusant : Jennifer et moi avons le même, un de quartier, hein, mais qui a toute notre confiance après des années spectaculaires d’errance capillaire… Bref, j’y vais, en tête: la coupe d’Adjani dans l’Été Meurtrier. Je vous la fais courte (bien dégagée sur les oreilles) mais je suis blonde, j’ai le cheveu souple (comme les pros disent) jamais frisé, enfin, avec Isabelle on a une seule chose en commun: les yeux clairs et encore pas de la même couleur. Je vous passe l’histoire du fou à lier qui rentre dans le salon en hurlant et la coiffeuse qui me fait cacher les ciseaux sous ma blouse, avez-vous remarqué cette déferlante de freaks l’été en ville? Pas grave, je sors, ravie, prête à fataler Souchon. Évidemment, personne ne remarque que je me suis fait couper les cheveux (et ce depuis 3 jours), c’est à dire que transformation, il n’y eut que dans mon esprit fantasque. Conclusion: j’y vois une métaphore. La mode serait un peu à cette image: nourrie de références et de fantasmes, on l’habite et s’y projette, tant pis si personne ne le remarque, parce que, moi, en attendant, je suis prête à dévorer l’été.
Hola. Hier, fête nationale, je fuyais la France pour ma ville basque espagnole favorite: San Sebastian (Donostia en basque, donc). N’y voyez aucune manière de fuir un patriotisme locale dont je n’ai que faire, ni d’en célébrer un autre aux couleurs du foot gagnant du monde, dont je me contrefous. De toutes façons, heures grises sur l’Espagne du nord, le temps était lourd comme je l’aime et la plage abandonnée, de fait. Supporters et autochtones ayant eu la jugeotte d’aller là où il fait plus chaud et où la bière coule à flots (Pampelune et sa folie vachette, sûrement). T’inquiète, la BeSnobette en vacances ne va pas te tenir son journal de bord mélancolique et balnéaire, comme ça tous les jours. Mais bon, on l’a toujours dit il ne faut pas vous endormir dans nos habitudes, même les meilleures.
Vous ne saviez pas comment procrastiner quelques minutes, vous plaçant en apesanteur, flottant derrière l’écran alors que le jour est déjà bien entamé et que la to-do-list ne rend pas l’âme, elle, contrairement à vous? Magie 2.0, on nous envoie à l’instant une vidéo hypnotique et gracieuse qui colle parfaitement au besoin de contrer la sauvagerie de la journée.
Ca ne vous aura pas échappé, l’un des grands buzz ciné du moment est la sortie le 14 avril prochain de l’adaptation par Luc Besson de la bande dessinée de Tardi, 
Réveil avec la chanson kitsch mais épatante : Trente ans, de Guy Marchand. Je recommande. Puis on se lève, on va faire le marché avec une copine (ouais, on brave le froid pour la bonne cause : l’apprentissage culinaire dominical) et on passe sa journée à aimer sa petite maison cosy. Alors aujourd’hui, sélection culturelle d’une journée @home…
1913. Dans le monde, les graines de la guerre sont en germe. À Paris, la première du Sacre du Printemps déchaine les passions et choque la belle société de l’époque. Dans l’ombre, Coco Chanel rencontre Igor Stravinsky et leur liaison recueille l’écho de ces conflits prêts à éclore, de l’innocence perdue, de la création en marche et du scandale que le génie engendre. Historique, amoureuse, artistique, la trame du film de Jan Kounen nous promet des émotions fortes entre sensualité, naissance du n°5 et d’œuvres à l’avant garde de la création musicale, on y espère une sorte de Gatsby à la française, une fresque au bord du chaos, on espère, quoi…
Le 3 février 2012 - Dans Marie’s Box (#concours)