Bonjour. Hier soir, j’étais au BIG (Biarritz International Groove) Festival. Tu penses, il y avait Iggy et ses Stooges. En arrivant, je me suis mise en bouche (et oreille) avec un live presque intimiste de Julian Perretta pour Virgin Radio, là, comme ça dans un coin… Julian fait clairement partie de la programmation destinée aux miminettes, au même titre que BB Brunes demain soir.
Mais quoi, joli à regarder, je salue le mélange très réussi et inter générationnel qui s’ébroue ce soir là. Je croise des fantômes d’Eudeline par paquets (sans filtre), des vieux couples qui semblent s’être débarrassés de leurs oripeaux rock n’roll il y a des décennies (ne boudant certes pas leur plaisir à descendre une petite bière en écoutant du gros son), des teenagers à peine pubères mais LOLlant à fond et reprenant en chœur les hymnes quasi punks servis par l’iguane, et en parlant de punks, j’en croise aussi, et des jeunes encore, le no future a de l’avenir. Et puis des genre trentenaires, espagnols (c’est à deux pas), australiens (c’est l’effet surf) et français (c’est moi).

Un petit coup de Pony Pony Run Run dans la grande salle, qui a un peu de mal à faire monter la sauce (tout le monde attend Iggy) malgré l’anniversaire du leadsinger et hop, on retourne boire une mousse. Les festivals se déroulent toujours un peu ainsi, non? Tiens, parenthèse modesque, n’oublions pas qui nous sommes. Je vous mets sérieusement en garde cet été contre l’effet clone. Tous les it-machins trucs que l’on se doit d’arborer à une série de concerts estivaliers sont bel et bien tombés dans le main stream, tout le monde s’habille pareil, pff, déprimant et pas très rock attitude. On bannit la veste militaire (bin, oui, j’en portais une!) vues par dizaine au mètre carré, ainsi que la rayure marine (mais là, si vous insistez, je ne peux plus rien pour vous), la tresse blonde et le short en jean qui sont en plein pic d’épidémie contagieuse. En gros si tu veux sortir du lot, mets une robe et des espadrilles (ahah, elle revient avec ses grosses espadrilles).
Et puis il y a cette attente religieuse lorsque des roadies de 60 ans installent des murs d’amplis sur la scène libérée. Sûr, ce sont les Stooges. Le groupe septuagénaire débarque et la salle prend feu. J’entendais Kent à la radio ce matin dire que le rock (et a fortiori le punk) sont des musiques adolescentes, ne peuvent être nourries que par l’adolescence. Et bin, c’est faux, mon pote. Et Iggy l’a prouvé. Show rodé, évidemment, l’iguane a quelques tics (son déhanchement célèbre virant au boitement réflexe, sa mise à nu du torse qui a lieu dès la fin de la première chanson, sa propension à se doucher à même la petite bouteille d’Evian, les jets de salive et les sauts de cabri) mais, bordel, ça marche et le public (de tous âges et genres, donc) se retrouve rapidement en pleine danse de Saint Guy effectuée le poing levé, camarade rockeur (jusque sur la scène)… Raw Power forever.

Le 1 septembre 2010 - Dans No Way ou Yeeaaah ? (#188)