Revue de Web n°95 : Comme une image
Cette semaine on parlera de belles images, de micro-blogging (reviens, on va tout t’expliquer) et pas de Martine ni de Christine, oui, la revue de web amorce la pente douce en cascade. Juillet, nous voilà…
Alors ce Tumblr? À tes souhaits. Nouveau phénomène se situant à la lisière de Twitter, de Flick’r et du blog, galerie le plus souvent très visuelle, « ces mini-blogs fonctionnent comme des scrapbooks dans lesquels il est très facile d’accumuler textes, photos et vidéos (to tumble, en anglais, signifie tomber en cascade, dégringoler)« , comme le définit justement Géraldine sur Café Mode.
Nous ajouterons en outre qu’un des grands bonheurs du support réside dans le fait de pouvoir relayer, reposter, rebloguer les posts ou visuels vus chez les autres… C’est non seulement tout à fait permis, plus que ça on vous y incite et c’est carrément tout le sel de cette mise en réseaux par affinités d’images.
Ah, oui, pour Géraldine, elle est tombée dedans, son tumblr s’appelle What Else? comme dirait George et elle décrit bien ce relais jouissif (et chronophage): « Une image m’attire, je clique sur la source, je tombe sur un autre blog tout aussi chouette, j’y découvre une autre image forte, je clique sur sa source pour savoir d’où elle vient… » Ad vitam. De nombreux blogueurs se servent de l’outil comme une arrière cour, un endroit un peu off, une garçonnière de toutes ces photos qu’on ne publiera pas sur le blog faute de temps ou de discours. Ou s’en servent comme d’un espace intime où collecter, archiver, arrêter ce flux visuel si vif qui nous emporte.
La resta de la semaine sur tumblr, c’est Lady Gaga. Elle ouvre le sien : Amen Fashion. De quoi contenter les « petits monstres », aussi narcissique que le blog de Courtney Love mais sympa… si on est fan. Parce qu’ici, c’est un peu : et moi dans ma baignoire, et moi en léopard, et moi dans toilettes, et moi dans l’avion style genre je dors façon naïade, et moi et moi et moi. Sympa ou très relou, c’est selon.
Très individualiste (voire égocentré à la manière d’un Peter Greenaway qui ne re-publie que des images de ses films postées par d’autres) ou absolument collaboratif (à l’instar du Tumblr Dear Photograph qui propose à qui veut de déposer son image mise en abîme: la photo du passé re-shootée sur les lieux du présent), le Tumblr peut apparaitre désorganisé, hasardeux ou très réfléchi. Il est toujours personnel dans ce qu’il dévoile au travers des collectes, au fil de l’accumulation: un univers se dessine. Des profils monomaniaques se détachent. Des érudits se révèlent. L’ordre des images s’avère volontaire. Un monde sans fin s’ouvre, encore assez libre.


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