Prem’Hyères vision
La timidité, je comprends ça sur le bout des griffes, moi Snobette à l’écrit, timide comme un jeune daim dès qu’une vague lumière m’éclaire. Chez Céline Méteil, ce n’est cependant pas seulement de la timidité, mais une humilité de propos, en fin de compte. La française a choisi de présenter une variation autour du jaconas, cette toile quasi rigide, tulle organdi, dont on se sert très en amont d’une collection pour monter un vêtement, le patronner, en définir la structure. Ce qui est caché, ce qui n’est d’habitude pas montré, la fondation de l’idée d’un vêtement s’affiche avec Céline Méteil sur le devant de la scène et du corps. Et hop, prix du public (qui a choisi l’évidence), et hop prix Première Vision (salon textile, si tu vois ce que je veux dire).
Sortie du jaconas, de ce matériau explicite, que dire de plus?


Sans doute est-ce là où le bât blesse un peu. Le concept est limpide, complétement lisible, prêt à la consommation. Ça ne me fait pas rêver, ne m’emmène nulle part, ne me questionne pas, bien que toute la collection soit bien faite, maitrisée, consciente… Humble. Encore une fois s’affrontent les questions de créativité et de portabilité. Il me semble à moi que de soutenir les créateurs pleins d’utopies, de délires, 
d’une naïveté dénuée de mercantilisme, à l’aube d’un succès potentiel bien calmé, est plus intéressant que de récompenser ce qui pourrait être derechef vendu en boutique. Il est vrai que ce n’est pas demain la veille que je participerai au jury et si j’y étais je me débrouillerais pour choisir des lauréats qui ne vont pas rentrer dans le rang, pas encore, pas tout de suite.
Un peu plus tard, bien après la remise des prix, la dernière fête du festival retentit sur la plage. Jean-Pierre Blanc, gourou en chef depuis 26 ans, chapeau, se lâche sur la piste, soulagé que l’énième édition se soit bien déroulée. Les mannequins pubères, à peine, se déshabillent grave au son de Conan Moccasin, The Cure passe, le dance-floor oscille entre pogo brutal et sensualité débridée, l’alcool coule, c’est dimanche, c’est bientôt fini. On exulte. À trois mètres, dans la partie restaurant, Céline Méteil dîne avec ses parents, sagement, pour fêter ça. Sans aucun jugement, je m’étonne du contraste. Décidément la créatrice deux fois récompensée ne sort jamais de son pâle calme, paraît toujours en retrait.


Superbe article !!!
Merci, Brigitte!
Rien de bien ébouriffant en effet
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Le cabinet de tendance NellyRodi y était, rétrospective du festival en 3 épisodes photo et vidéo.
http://www.nellyrodilab.com/bl.....s-j-1.html