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Le 6 mars 2009

Revue de Web n°6 : SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ ! BLOGS !

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sophiaPour cette sixième Revue de web, BeSnob t’emmène, oui, viens, petite fille, dans mon comic strip faire des bulles… Bon, t’as saisi, on cause blogs et illustratrices,  strip du jour et filles qui ont un trait de crayon (et d’esprit, le cas échéant), cette semaine. Bin, tu sais, il y en a. Des tombereaux.
C’est l’effet Pénélope (bon, ayé, on l’a citée, c’est bon), qui en influence plus d’une, même si certaines billettistes dessinent leurs petits mickeys sur la toile depuis bien plus longtemps. Allez, accroche-toi, on distribue les swings et les uppercuts, ça fait VLAM ! Ça fait SPLATCH ! Et ça fait CHTUCK !

La tête de gondole (et autre) :

Margaux Motin. Bon, la meuf, si tu la connais toujours pas, c’est que t’as dû partir faire un stage de survie en Ouzbékistan pendant 8 mois. Pour résumer, il y a deux re-stas en matière de blogs d’illustratrices : Pénélope et Margaux. Avec le temps, on finit par préférer Margaux, plus spontanée, plus freestyle.
En couple, trentenaire, freelance, jeune maman, de mauvaise foi, impatiente, cette illustratrice est à l’image de notre meilleure copine, aussi on revient tous les jours prendre les nouvelles, la barre de rire pour la journée. D’ailleurs, si vous vous demandez si vous êtes la seule à faire semblant de gérer les jambes en l’air à oilpé devant la gynéco, nan nan, la preuve…

Mon Dieu, mais que Laurel (un crayon dans le coeur) n’est pas drôle, c’est insensé cette affaire !
On nous avait pourtant survendu ce blog, mais quoi alors ? C’est la déprime qui nous guette avec le récit dessiné et poussif de ses aventures palpitantes dans un aéroport. Problèmes d’horaires, de liaisons aériennes, d’Air France… Bonjour détresse !
D’un rien, Laurel ne sait pas faire un tout. Hop, un coup de crayon dans l’eau, on file à l’indienne…

Des strips qui nous mettent à nu :

Quand on arrive sur le blog d’Ana, on hésite à rester : rose Malabar, header simplet, mais on prend le temps de lire quelques bulles. Et une seule suffit à ce qu’on ajoute ce blog à notre Netvibes. Ana est grossière, drôle, émouvante, attachante.
Ana qui rumine sa conne de boss.
Ana qui rumine ses plans cul – et nous rappelle tous les cons qu’on enfile comme des perles depuis des années.
Ana c’est comme Emma Bovary : c’est nous !
Si vous avez encore un doute, lisez la scène où Ana se retrouve coincée avec ce connard de Bernard (le vieux dégueulasse du boulot) qui frotte « sa petite bite molle » contre son dos; on l’a toute vécue dans le métro ou ailleurs, on en rigole que plus.

Marion Montaigne, elle, s’évertue à nous rendre moins bêtes. Chez Be Snob, nous saluons cette mission de pédagogie civile bien nécessaire lorsque tout part à vau l’eau. Baignée dans le vitriol et arrière petite cousine de Reiser, l’héroïne, ô combien ingrate et ô combien proche de nous, nous fait comprendre, notamment, tout ce que nous avons toujours voulu savoir sur la pygomancie (art divinatoire de la lecture des plis des fesses). Salvateur.

Sur son petit blog qui ne paie pas de mine, on a eu grave le frisson pour Pauline. C’est un poil Brétécherien, mais pas trop. Les filles croquées sont d’un autre temps, ont les cheveux crantés et gonflés qu’elles aient 15 ans ou 50 ans. On est parfois un peu lost dans son univers, comme la nana qui découvre un bar gay, mais on se marre, car son humour est fin et ça fait du bien dans ce monde virtuel peuplé de vilaines imitatrices insipides surfant sur la tendance Pénélopesque…

Les vraies fausses coinços :

Le cas Diglee. Les dessins laissent penser que cette blogueuse a la trentaine sage : tout est assez consensuel. Pourtant, Diglee a tout juste 21 ans. Alors quoi ? À 21 ans, on ne se prend plus des grosses mines avec des poètes maudits et des étudiants doués pour le dilettantisme ? À 21ans, on dit pas bitecouilleputaindebordeldemerde ? Un blog un chouïa trop « lyonnais » parfois (ne nous prenez pas pour des pétasses de parisiennes sectaires : on a juste quelques ex de Lyon qui pèsent lourd). Mais Diglee, elle a du talent, et puis elle fait rire, surtout quand elle prend son pied en accentuant les bourdes de ses cops ou qu’elle nous met face à nos pire défauts dés lors qu’il s’agit de com-mu-ni-quer avec notre mec peu ou prou présent. Nous, Diglee, on attend juste qu’elle se décoince un peu plus et  dans deux ans on peut l’emmener dans un bordel pour une soirée « Dita von Teese prend du crack ».

C’est obligé, la première fois qu’on passe chez Aurélie de La Pontais, rare spécimen d’illustratrice « bourge » blogosphérique, on se prend un scud nostalgique de jeune fille rangée dans la face.
C’est qu’elle nous rappelle vachement Nicole Lambert et ses triplés, officiant chaque semaine dans le Figaro Madame de 12 pages, publicité incluse.
Chez Be Snob, on va plus loin que les apparences, on investigue à mort, on va au bout de nos limites et Aurélie, elle est trop bien, en fait, parce qu’elle pratique l’autodérision et que ses mômes lui demandent si les poux vont faire coucou aux caries des dents, des fois…
Sus aux préjugés, on dit yes quand même au carré parfait.

Et puis il y a les singulières, les délicieux OVNIS :

Enfin, celles qui ne s’attachent pas à retranscrire le quotidien dans un croquis de situation journalière mais traduisent leur humeur par une image, un détail, un instantané graphique. Comme Garance Doré (qu’on ne présente plus), plus esthète que pamphlétaire, dont le trait épuré et joyeux est prétexte à se raconter. La fille en or délaisse un peu ses dessins pour la photo, depuis quelques temps (et pourquoi non ? Elle fait bien ce qui lui plait et ce qui lui plait nous fait du bien).

Il y a surtout cet incroyable et fascinant roman graphique auquel chaque jour suffit sa peine sur 45 planches déjà : Sophia, les poumons de la capitale. Orchestré par Turbolapin aka Mouton Benzène Luxe, c’est à dire (Libon et) Capucine (et là, gros projo sur Capucine), ce récit d’une Barbarella envahie par les Prussiens (l’action en bichromie expressionniste et sensuelle se déroule en 1870) nous séduit sur tous les plans. On attend la suite avec frénésie, on a grave décollé de la blogo (so what ?) pour rencontrer NOTRE héroïne.

On citera encore Aude Picault, (Ok, elle sort de la catégorie blog mais puisqu’ on l’adore, on se roule jusqu’à la librairie la plus proche…) et l’amie étrangère, Iris, québécoise en goguette en France dont le langage nous ravit, Criss ! Sur son Monsieur le Blog.
Bon, bah, bonne lecture.

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